28 mai 2020

La newsletter ciné-confinés #8

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Les newsletters ciné-confinés avec les conseils cinématographiques d’Atmosphères 53 se poursuivent, à la quinzaine, jusqu’à la réouverture des salles. La fameuse date a été annoncée hier par le gouvernement, les salles de cinéma pourront rouvrir dès le 22 juin. Vous y serez accueillis dans les conditions sanitaires les plus sécurisées. La réouverture risque d’être un enjeu économique fort pour les cinémas qui auront du mal à retrouver leur équilibre financier. Nous ne pouvons que vous encourager à soutenir votre cinéma et à retrouver le chemin des salles obscures. Car si les VOD et SVOD sont bien utiles lorsque les salles sont exceptionnellement fermées, nous sommes convaincus que c’est en immersion totale, dans le noir et sur grand écran que l’on savoure, ressent et expérimente pleinement un film de cinéma.

En attendant, voici encore quelques-uns de nos coups de cœur : un grand film culte du cinéma français tout en couleurs, en danse et en chansons à revoir sans modération ; une pépite mélancolique et romantique sur le passage de relai entre la génération flower power et celle des années 90 ; un documentaire indispensable, pêchu et inspirant sur des anciens combattants de la liberté (sexuelle notamment) ; une intrigue autour des jeux de pouvoir et de domination magistralement mise en scène et interprétée ; et des nouvelles filmées de nos jeunes talents mayennais en option cinéma au lycée ! 

Audrey Bénesse, directrice artistqiue d’Atmosphères 53.

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ciné-confinés #33
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LA FAVORITE de Yórgos Lánthimos
Coup de ❤️ ️ d’Elise Cocandeau, chargée d’accueil et communication d’Atmosphères 53

👉 Le pitch – Anne est reine d’Angleterre dans les premières années du XVIIIè siècle. Malade de la goutte, cyclothymique, gloutonne, elle ne prête guère d’attention aux affaires du royaume, notamment à la guerre qui fait rage avec la France, et en a délégué la charge à sa favorite, Lady Sarah. Abigail Hill, cousine de Lady Sarah, a été réduite par les revers de fortune de son père à s’employer comme servante à la Cour. Mais grâce à une concoction d’herbes qu’elle prépare pour apaiser la goutte de la reine, la jeune femme entrevoit la possibilité de s’attirer ses grâces et de retrouver son rang…

👉 Son avis – Yorgos Lanthimos respecte les grandes lignes de l’Histoire de cette reine dépassée et de la rivalité entre Abigail et Sarah mais s’amuse à l’agrémenter ici et là. La Favorite s’ouvre sur une scène où la reine est dévêtue par ses servantes dans un plan d’ensemble majestueux. Dès qu’elle est débarrassée de sa cape et qu’elle s’adresse à Lady Sarah, la bienséance est évincée ! Le ton est alors donné, le film de costumes est clairement revisité !

Casting quasi 100% féminin où les protagonistes nous apparaissent progressivement toutes plus antipathiques les unes que les autres : Olivia Colman en reine enfermée dans sa douleur, ses humeurs et ses obsessions, Rachel Weisz en figure implacable, pleine de beauté et de rage, et Emma Stone en perfide courtisane. A la fois manipulatrices et manipulées, Sarah et Abigail font la course face à une reine farfelue, langage cru (comptez le nombre de « fuck » d’Abigail) et attitudes sordides sont de mise !

Photographie et mise en scène raffinées, comme à l’habitude chez le réalisateur. Les décors et costumes sont aussi époustouflants, souvent saturés de motifs et de détails à observer. Le tout est accompagnée de la musique de grands maîtres (Haendel, Vivaldi, Bach…). La Favorite est un film mordant où l’on retrouve le sens de l’absurde du réalisateur (Alps, The Lobster, Mise à mort du cerf sacré) de façon plus accessible, mais toujours corrosive !

👉 Disponible pour 3.99
https://mytf1vod.tf1.fr/films/la-favorite-52904

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ciné-confinés #34
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LES INVISIBLES de Sébastien Lifshitz
Coup de ❤️ de Fanette George, chargée de coordination et d’administration

👉 Le pitch – Des hommes et des femmes, nés dans l’entre-deux-guerres. Ils n’ont aucun point commun sinon d’être homosexuels et d’avoir choisi de le vivre au grand jour, à une époque où la société les rejetait. Aujourd’hui, ils racontent ce que fut cette vie insoumise, partagée entre la volonté de rester des gens comme les autres et l’obligation de s’inventer une liberté pour s’épanouir.

👉 Son avis – Depuis 2005, le 17 mai est la journée internationale de lutte contre l’homophobie, en commémoration de la décision prise par l’Organisation Mondiale de la Santé de retirer l’homosexualité de la liste des maladies mentales, le 17 mai… 1990.

Les femmes et les hommes de ce documentaire ont bien vécu leur jeunesse et une grande partie de leur vie dans un monde ou leurs préférences relevaient officiellement de la pathologie. Images d’archives et entretiens intimes avec les protagonistes sont habilement reliés par le réalisateur pour nous proposer des parcours de vie poignants, difficiles, mais sans jamais céder au pathos. Au delà du regard des autres, le documentaire nous parle aussi du regard sur soi. Pour certains l’acceptation immédiate, pour d’autres un long déni ou simplement une révélation libératrice qui fait recommencer la vie à zéro, même à un âge avancée.

On pourrait se questionner sur le titre, “Les invisibles”, qui détonne avec le franc parlé, la témérité et la jovialité des protagonistes. Mais il prend tout son sens lorsque l’on effleure la compréhension de ce qu’ils ont pu vivre.

Ou tout simplement, lorsque l’on interroge sur l’époque. Peu de temps après le visionnage, je me souviens avoir demandé à ma grand-mère, née en 1938, ce qu’elle en pensait quand elle était plus jeune. Je m’attendais à une réponse négative qu’elle aurait pu justifiée par l’éducation et les mœurs de l’époque. Ses propos furent encore plus édifiants : “Je n’en pensais rien, car personne n’en parlait. Je ne savais même pas que ça pouvait exister.”

👉 Disponible pour 2.99
https://www.universcine.com/films/les-invisibles-1

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ciné-confinés #35
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LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT de Jacques Demy
Coup de ❤️ Ségolène, bénévole membre du conseil d’administration de l’association

👉 Le pitch – Delphine et Solange sont « deux soeurs jumelles nées sous le signe des gémeaux » qui enseignent la danse et le piano, rêvent d’amour et de Paris. Leur mère, Yvonne, tient le café sur la place centrale de Rochefort, lieu de toutes les confidences. Maxence cherche la fille qu’il a peinte d’après ses rêves, Andy recherche son meilleur ami monsieur Dame, Delphine fuit Guillaume, Yvonne pleure l’amour qu’elle a laissé passer,…. et monsieur Dutroux cache bien son jeu.

👉 Son avis – Tous ces chassés-croisés se chantent et se dansent sur la magnifique place de Rochefort, dans des fondus de couleurs acidulées.

Chef d’ œuvre de la comédie musicale, hymne à la musique, à la danse, à l’amour, aux hasards de la vie, ce film est un bijou, qu’ont légué à notre patrimoine cinématographique les talents immenses conjugués de Jacques Demy et de Michel Legrand. Il rassemble aussi les talents d’immenses comédiens (François Dorleac, Catherine Deneuve, Danielle Darieux, Michel Picoli, Gene Kelly, Jacques Perrin, Georges Chakiris) .

J’ai vu ce film pour la première fois à quatorze ans, seule, dans une ville de province où on allait encore peu au cinéma, en famille ou exceptionnellement avec une amie. Cela a été le déclencheur de mon engouement pour la comédie musicale. Je n’ai pu le revoir que lors de sa sortie en cassette vidéo, 25 ans plus tard, et l’ai alors vu et revu des dizaines de fois. Mes filles nous ont chanté « Les soeurs jumelles » et récité des dialogues, mes petite filles prennent le relais… A déguster sans modération, à toute âge, seule ou en famille.

👉 Disponible pour 2.99
https://www.canalplus.com/…/les-demoiselles-…/h/955215_40099

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ciné-confinés #36
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A BOUT DE COURSE de Sidney Lumet
Coup de ❤️ d’Audrey Bénesse, directrice artistique d’Atmosphères 53

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En rentrant chez lui après les cours, Danny se rend compte que le FBI est en train d’épier sa maison. Il avertit aussitôt ses parents et son frère, et tous prennent la fuite. Une nouvelle vie dans une nouvelle ville commence. Comme à chaque fois. En effet, les parents de Danny ont commis un attentat à la bombe pour protester contre la guerre du Vietnam il y a des années, et ont grièvement blessé un agent de surveillance. Depuis, la famille vit dans la peur et subit une vie nomade, que Danny a de plus en plus de mal à accepter.

👉 Son avis – A bout de course (Running on Empty) est un film immense et bouleversant sur la famille et l’amour, les idéaux et la norme, la vie au jour au jour. Sidney Lumet, réalisateur de Douze hommes en colère, Un après-midi de chien ou Serpico, poursuit son exploration de la contestation, de la marginalité et des individus aux prises avec le « système ». En effet dans ses films, il n’a eu de cesse de confronter ses personnages idéalistes à la complexité d’une organisation sociale souvent corrompue. Ses films sont autant de réflexions éthiques sur le fonctionnement de la justice, de la police, de la manipulation de l’opinion par les médias, etc.

Seulement ici, Lumet s’intéresse moins aux choix de vie radicaux et marginaux de ces idéalistes qu’aux conséquences sur les générations à venir. Le combat idéologique des parents se heurte au désir de norme et d’inclusion sociale de l’adolescent, il appartient à un temps révolu, que symbolisent la lumière crépusculaire et les souvenirs lointains dont le film est parsemé.

Ce film sur le passage de relais entre générations est d’une émotion et d’une tendresse infinies, avec un River Phoenix à la sensibilité désarmante.

👉 Disponible pour 3,99€ sur Universciné : https://www.universcine.com/films/a-bout-de-course

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ciné-confinés #37
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CARTES POSTALES FILMEES 📨

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Dans le cadre du cours de pratique, Yannick Lemarié, enseignant de Cinéma Audio Visuel, a demandé à ses élèves de Première du lycée Lavoisier (Mayenne) de réaliser des cartes postales durant la période de confinement. Les contraintes se voulaient modestes : monter des plans (fixes ou animés, extérieurs ou intérieurs, longs ou brefs, …) afin de traduire son état d’esprit, ses sentiments, ses pensées, ses impressions durant cette période particulière. La durée était limitée à deux minutes. La carte postale était faite avec “les moyens du bord”.

👉 D’autres exemplaires de cartes postales filmées bientôt sur notre site !

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Focus Réseau de salles du 53 : Cinéma L’Aiglon à St-Pierre-des-Nids

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La newsletter ciné-confinés #10

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