3 avril 2020

La newsletter ciné-confinés #2

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Ciné-confinés, vous avez compris le principe !

Tous les jours : un post cinéma sur Facebook et une fois par semaine, on vous en fait le résumé par mail. A chaque fois, un lien pour voir les films ou émissions coups de cœur (c’est mieux!). Cela nous permet de garder le lien avec vous, évidemment, de vous donner des idées films pour vos matinées / après-midis / soirées / nuits confinées, mais aussi de valoriser des plateformes VoD indépendantes françaises comme Universciné, qui proposent de super films d’auteurs. On espère que vous appréciez nos focus, sachez que nous, on prend beaucoup de plaisir à les écrire…
Bonne lecture, bons films, et surtout… portez-vous bien !
L’équipe d’Atmosphères 53.
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ciné-confinés #6
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LE GOÛT DE LA CERISE, de Abbas Kiarostami
Coup de ❤️ d’Audrey Bénesse, directrice artistique d’Atmosphères 53.

👉 Le pitch – Un homme d’une cinquantaine d’années cherche quelqu’un qui aurait besoin d’argent pour effectuer une mission assez spéciale. Au cours de sa quête, il rencontre dans la banlieue de Téhéran un soldat, un étudiant en théologie et un gardien de musée, vivant à la limite de la marginalité. Chacun va réagir à sa proposition de façon différente.

👉 Son avis – En ces temps de confinement où la vie peut sembler à l’arrêt, ce film me paraît bien à propos, tant il est un hommage immense à la vie et aux petits riens qui la rendent si précieuse : regards échangés, histoires partagées, moments de grâce dérobés.

Kiarostami est de loin, l’un de mes réalisateurs favoris. Parce que je l’ai découvert à 16 ans en cours de cinéma, que ses plans fixes dans les champs de blé m’ont instinctivement parlé, transportée et que l’analyse décortiquée du Vent nous emportera a été un événement marquant dans ma cinéphilie. Parce qu’il a poussé au plus loin la réflexion sur les liens et les porosités entre réalité et fiction, documentaire et mise en scène et qu’il en a brouillé les contours. Parce qu’il y a dans ses films une humanité, une sensibilité, une poésie et une douceur qui m’émeuvent toujours.

Le Goût de la Cerise est une errance dans un no man’s land, qui a la forme d’une colline poussiéreuse en travaux et en gravas, ni ville ni campagne, et sur une route, sinueuse et cahoteuse, motif récurrent de Kiarostami et métaphore de la vie. Mais c’est un road movie à huit clos, le personnage principal étant enfermé dans sa voiture, comme dans le cadre resserré de la caméra. Il attend quelque chose de quelqu’un, mais il ne sait pas encore qui ; et nous, spectateurs, ne savons pas encore quoi. Cette quête va l’amener de la mort à la vie et de la solitude à la multitude, grâce à la galerie de personnages qu’il va rencontrer. Et avec eux, leurs histoires. Car n’oublions pas que nous sommes en Iran, terre d’oralité et de narrations, patrie des grands poètes.

👉 Disponible sur La Cinethek, pour 2.99€ :
https://urlz.fr/cf9N
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ciné-confinés #7
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CEUX QUI TRAVAILLENT, d’Antoine Russbach
Coup de ❤️ de Ségolène, membre du conseil d’administration d’Atmosphères 53

👉 Le pitch – Frank est cadre supérieur dans une entreprise dont les porte-conteneurs sillonnent les mers du monde. Il fait gagner beaucoup d’argent à son entreprise et assure un bon niveau de vie à sa famille. Un jour, il doit choisir entre perdre une grosse cargaison ou jeter un clandestin à la mer. On sait vite que ce sera le clandestin qui sera jeté à la mer. Suite à sa décision, Frank est licencié de son entreprise. A ce moment, il envisage de changer de vie.

👉 Son avis – L’intérêt du film est dans l’attitude de son entourage. Offusqué, désapprobateur… mais pas trop longtemps ! Le propos se dévoile petit à petit, le film lui-même est lisse, aucune image pour nous montrer la violence de ce qui arrive sur le porte-conteneurs, mais de longs plans sur l’oisiveté de ses enfants autour de la piscine familiale, ou l’application de sa femme à mettre son vernis à ongle. C’est toute la force du film. Car chacun va détourner les yeux et revenir à ses affaires : gagner de l’argent pour les entreprises, garder son niveau de vie pour la famille.

Frank est profondément seul. Le jeu d’Olivier Gourmet extrêmement sobre, sert très bien le propos.

Il y a des films (beaucoup) dont on se souvient peu, ceux dont on se souvient parce que c’était beau, émouvant, drôle… et il y a les films dont on ne sort pas indemne. Je suis sortie de ce film avec un malaise qui se révélera assez tenace. Ne sommes nous pas tous un peu complices ? Que “ceux qui travaillent” se salissent les mains mais qu’ils s’arrangent pour que nous ne le sachions pas.

Un propos large, un film très politique finalement.

👉 Disponible sur Univerciné, pour 4.99€ :
https://www.universcine.com/films/ceux-qui-travaillent_
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ciné-confinés #8
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PARIS-BREST, de Philippe Lioret
Coup de ❤️ de Yannick Lemarié, président d’Atmosphères 53

Et si on regardait ARTE ? En effet, la chaîne franco-allemande propose en replay jusqu’au 25.04.2020, Paris-Brest. Plusieurs raisons à cette invitation.

👉 D’abord le film lui-même : l’histoire d’un étudiant Colin qui, à la veille de Noël, revient chez ses parents, officiellement pour revoir sa sœur devenue mère. Il espère aussi retrouver son ancienne amoureuse, et, peut-être, renouer avec ses parents. Entre eux et lui, en effet, le courant ne passe plus depuis longtemps. Question d’amour… question d’argent… question de grand-mère aussi…

👉 Deuxième raison : le réalisateur. Connu pour L’équipier, Je vais bien ne t’en fais pas, Philippe Lioret sait faire parler les taiseux et traquer les secrets de famille. Il sait également capter l’atmosphère d’une ville. Il y est aidé ici par des acteurs remarquables : Anthony BajonValérie Karsenti, Daphné Patakia…

👉 Troisième raison : un livre. Paris-Brest est en effet un roman remarquable de Tanguy Viel, l’un des plus talentueux écrivains d’aujourd’hui. Voir et livre : quel meilleur moyen de passer cette période de confinement ?

👉 Disponible sur Arte Cinéma
https://urlz.fr/cikS
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ciné-confinés #9
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LA TOILE – Mais qu’est ce que LA TOILE ?

Interview de Joséphine Létang, co-fondatrice de la plateforme.

Depuis la fermeture des cinémas en France, samedi 14 mars, plusieurs dizaines d’exploitants de salles ont rejoint ce service de vidéo à la demande créé en 2017.

Ancienne exploitante en proche banlieue parisienne, au Mégarama d’Arcueil (Val-de-Marne), Joséphine Létang a fondé, en 2017, un service de vidéo à la demande dénommé LA TOILE, en partenariat avec des exploitants. Ce dispositif permet à ces derniers de mettre en ligne des films (sortis en salle depuis plus de quatre mois) en complément de leur programmation et de percevoir une rémunération sur les visionnages.

👉 Comment est venue l’idée de créer La Toile ?
Quand j’étais exploitante, les gens me demandaient parfois de repasser un film au cinéma. Et quand je le faisais, personne ne venait les voir, c’était assez frustrant. En même temps, je sentais qu’il y avait un besoin de créer du lien avec le spectateur. Nous avons créé la plate-forme La Toile en 2017 en collaboration avec cinq salles. Rapidement, nous avons été rejoints par une soixantaine de cinémas. Depuis le 15 mars, les adhésions n’arrêtent pas. Nous venons de franchir le cap de la centaine d’établissements [sur un total d’environ 2 200 en France], du multiplexe indépendant aux salles Art & Essai. En ce moment, on ouvre des plates-formes en moins de 24 heures !

👉 Comment fonctionne le site, concrètement ?
Chaque exploitant dispose de son site de vidéo, personnalisé, qu’il programme. Nous pouvons aussi les conseiller et gérons les droits VoD. Nous avons des accords-cadres avec dix-sept distributeurs et un catalogue de 400 films (auteur, patrimoine, comédies familiales). Sur le prix du visionnage, entre 3,99 euros et 5,99 euros, une part revient aux ayants droit, généralement aux distributeurs, une autre va aux salles, et la troisième est pour La Toile. ‼Aujourd’hui, c’est la seule plate-forme qui rémunère les exploitants. En allant sur La Toile, les spectateurs font le choix de leur cinéma local‼ Nous travaillons en lien avec des dispositifs similaires en Allemagne, aux Pays-Bas, en Angleterre, en Autriche, et nous sommes en discussion avec l’Italie.

👉 En cette période de confinement, pensez-vous que les distributeurs vont faire le choix de sortir des nouveaux films en VoD ?
Les avis sont mitigés. Une sortie en VoD n’a rien à voir avec une sortie en salle. C’est un choix pour un cinéaste et son équipe d’y renoncer. Ce n’est pas non plus le même tarif. Mais les retours sont bons sur le film de Richard Copans Monsieur Deligny, vagabond efficace, la seule expérimentation que nous ayons à ce jour : les cinémas étaient contents de proposer un nouveau film à leurs spectateurs le 25 mars. Il y a eu plus de candidats pour le passer en VoD qu’il n’y en avait auparavant pour le programmer en salle…

👉 LA TOILE du Cinéma Yves Robert Evron
https://www.la-toile-vod.com/cinemas/cine-yves-robert
👉 LA TOILE du Cinéma Le Vox Mayenne
https://www.la-toile-vod.com/cinemas/levoxmayenne

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ciné-confinés #10
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7. KOĞUŞTAKI MUCIZE, de Mehmet Ada Öztekin
Coup de ❤️ d’Emilie Barjolin, apprentie gestion / administration à l’association Atmosphères 53

👉 Le pitch – Turquie, 1983. Memo, un berger souffrant d’un handicap mental, vit avec sa petite fille Ova et sa grand-mère dans un village de la côte Egéenne. Accusé à tort du meurtre de la fille d’un commandant haut responsable durant la loi martiale, il est condamné à mort et se retrouve en détention, dans la cellule N° 7. Les prisonniers, qui l’avaient d’abord accueilli avec haine, commencent à se prendre d’affection pour lui et à être convaincus de son innocence. Ils se mobilisent alors, avec l’aide de la petite Ova ainsi que du directeur du centre pénitentiaire, pour lui sauver la vie.

👉 Son avis – Ce remake turc d’un film sud-coréen “Miracle in Cell No 7” nous livre un drame bouleversant, une intrigue saisissante et des paysages à couper le souffle au fin fond des terres turques. On s’attache très rapidement au personnage de Memo, incarné par Aras Bulut Iynemli et à celui de sa fille, joué par Nisa Sofiya Aksongur, âgée de 9 ans seulement. Le film comporte quelques longueurs et la bande musicale peut parfois paraître trop appuyée, néanmoins, on se laisse volontiers emporter dans cette vague de sentiments qui nous livre une histoire déchirante et poignante. J’ai été bouleversée par ce mélodrame qui aborde des thèmes divers comme l’abus d’autorité, le milieu carcéral ou encore la solidarité et nous offre une belle leçon d’humanité en proposant un autre regard sur le handicap. À regarder sans hésitation !

👉 Disponible sur Netflix

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La newsletter ciné-confinés #8

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