Reflets du cinéma d'Extrême Asie

Des amis à l'autre bout du monde

Pour les occidentaux, les confins du continent asiatique ont toujours représenté l'inconnu, le lointain, le tout autre, dont ils supposaient la différence radicale pour mieux la recouvrir de leurs propres constructions imaginaires, du fantasme de "l'Extrême Orient". Les relations de voyage de Marco Polo, il y a 700 ans, s'inscrivaient dans un tel fantasme; de même, il y a 300 ans, lorsqu'il composait son Entretien d'un philosophe chrétien et d'un philosophe chinois, le père Malebranche ne parvenait à un dialogue qu'avec un interlocuteur fictif, un double "chinois" à sa mesure.

Avec ce que nous appelons aujourd'hui la mondialisation, la civilisation occidentale fait circuler sur toute la planète non seulement ses marchandises, ses moeurs, ses valeurs, mais - à travers la puissance des mass media modernes, y compris le cinéma - son imaginaire. Partout, sur tous les écrans, en boucles, les mêmes images, les mêmes rêves préformatés.


Gosses de Tokyo de Yasujiro Ozu


Pourtant, un peu partout dans le monde, et aussi dans l'Extrême Asie, des artistes se sont emparés du cinéma pour créer des univers plus secrets, plus singuliers, ancrés dans d'autres civilisations. Il y eut d'abord le Japon de l'après-guerre : "Aucun peuple, dans les films, ne s'est autant réalisé, révélé. Peuple d'action, de geste, de théâtralisation, le cinéma particulièrement l'attendait, à lui prédestiné. Dans cet art nouveau pour tous, il avait à mettre quelque chose de tout à fait à part. Il allait montrer à des sociétés qui croyaient le savoir ce que c'est vraiment que du maintien." (Henri Michaux : Un barbare en Asie)

Les cinéastes japonais, ces maîtres du maintien que furent Ozu, Mizoguchi, Naruse, Kurosawa... se sont affirmés à l'égal des plus grands.


Yi Yi de Edward Yang


Depuis une dizaine d'années, des cinéastes de nouvelles générations, au Japon, en Corée, à taiwan, à Hong Kong, en Chine continentale ont commencé à émerger. Vifs, inventifs, plus en mouvement que les maîtres antérieurs, ouverts à leur manière à la modernité sans être standardisés, ils ont été repérés d'abord par quelques critiques avisés - qui ont joué en l'occurence leur rôle indispensable d'éclaireurs - avant de connaître (pour certains comme Takeshi Kitano, Wong Kar-wai, Hou Hsiao-hsien, Edward Yang...) une consécration internationale méritée.

A l'occasion de la 5e édition des Reflets du cinéma, nous n'avons pas d'autre prétention que de vous mettre en présence d'un bouquet d'une trentaine de films de ces "nouveaux cinéastes", pour la plupart inédits sur les écrans des salles mayennaises. Vous ne connaissez pas ? Probablement. Mais laissez-vous tenter, goûtez la différence. En regardant ces films, vous ne vous contemplerez pas dans l'habituel miroir, mais vous rencontrerez des hommes et des femmes, étranges peut-être, mais qui ne vous seront jamais totalement étrangers. Vous vous découvrirez des amis à l'autre bout du monde.

Ces Reflets du cinéma d'Extrême Asie sont organisés en partenariat avec les Cahiers du cinéma. Merci à Charles Tesson, franck Nouchi, Olivier Joyard et Ouardia Teraha pour leur générosité.

Antoine Glémain
Président d'Atmosphères 53

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Programmation

- Les Démons à ma porte de Jiang Wen

- Charisma de Kiyoshi Kurosawa

- Eureka de Aoyama Shinji

- Chunhyang de Im Kwon-taek

- A la verticale de l'été de Tran Anh Hung

- Fantasmes de Jang Sun-woo

- Histoires de fantômes chinois de Andrew Chen et Tsui hark

- Good bye, South good bye de Hou Hsiao-hsien

- In the mood for love de Wong Kar-wai

- L'Immeuble de Viet Linh

- Postman blues de Sabu

- M/Other de Nabuhiro Suwa

- Le Roi des masques de Wu Tian Ming

- Le Tombeau des lucioles de Isao Takahata

- So close to paradise de Wang Xiaoshuai

- Partagerait bonheur de Chen Kuo-fu

- Suzhou river de Lou Ye

- Xiao Wu, artisan pickpocket de Jia Zhang Ke

- Trois saisons de Toni Bui

Rétrospective Edward Yang


- Le Terroriste

- Histoire de Taipei

- That day, on the beach

- Yi Yi

Programmation scolaire


- Le Cerf-volant du bout du monde de Roger Pigaut et Wang Kia Yi

- Chang de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack

- Pas un de moins de Zhang Yi Mou

- Le Prince Nezha triomphe du Roi Dragon de Wang Shu Chen, Yan Ding Xian et Xu Jing Da

- La Môme singe de Xiao Yen Wang

- Tigre et dragon de Ang Lee

- L'Eté de Kikujiro de Takeshi Kitano
Reflets du cinéma d'Extrême Asie
du 14 mars au 28 mars 2001


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