A l’ouest des rails




Le complexe industriel de Tie Xi, créé au temps de l’occupation japonaise à Shenyang, dans le Nord de la Chine, a prospéré jusqu’à compter un million d’ouvriers avant 1990. Wang Bing y a filmé pendant trois ans au tournant du millénaire la lente agonie des usines et des hommes dans l’effondrement final d’un système obsolète. En suivant au quotidien la descente aux enfers d’une classe ouvrière autrefois promise à d’autres gloires par la Révolution chinoise, Wang Bing nous plonge au cœur d’une épopée moderne et élève ces hommes et femmes au rang des plus bouleversants héros de cinéma.

Rouille I et II

Avec sa caméra, Wang Bing accompagne les derniers employés de la fonderie, dont la faillite annoncée semble inévitable. Du ventre de l’usine rougeoyant aux salles de repos blafardes, il dresse le fascinant portrait de la fin d’un monde.

Vestiges

Dans le quartier ouvrier de Rainbow Row, construit en 1930 pour loger la main d’œuvre qui affluait dans les usines de Tie Xi, les vétustes maisonnettes sont démolies pour permettre à des investisseurs privés de bâtir une cité moderne.

Rails

Malgré les fermetures d’usines, vingt kilomètres de rail assurent toujours le transport des matières premières et des produits manufacturés hors de la ville de Shenyang. Au fil des saisons, le paysage change et les rapports entre les individus deviennent plus forts. Dans la salle de repos, les cheminots échangent les nouvelles du moment, se disputent, se confient.
Tournée dans la même période que les précédents volets, cette dernière partie permet de tisser des liens entre les trois films. Les fêtes rituelles, comme le Nouvel An, reviennent dans chaque épisode, mais se chargent selon le contexte de significations différentes.

"J’ai eu pour la première fois devant ces neuf heures de projection (qui se regardent sans la moindre impatience, qui se dégustent au contraire comme si l’on assistait en direct à l’invention du cinéma par un nouveau Griffith) le sentiment bouleversant que ce film ouvrait de façon radicale une nouvelle ère du cinéma… Ce cinéaste reprend humblement le cinéma à zéro, avant sa distinction fiction/documentaire, en solitaire pendant de longs mois, à l’aise comme un poisson dans l’eau avec sa petite caméra, dans cette région sinistrée d’une Chine, la sienne, dont nous n’avions même pas idée ni vraiment d’images. Il en est à la fois le visionnaire hugolien, le romancier (dans le genre grand roman russe), le grand reporter et le scénariste improvisateur” (Alain Bergala – Cahiers du cinéma).
Chine, 2003
9h20

Réalisation : Wang Bing
Distribution : Ad Vitam

Un film en quatre parties : Rouille I – 2h05 ; Rouille II – 1h46 ; Vestiges – 2h55 ; Rails – 2h15
Critique - cineclubdecaen.com
Dossier - commeaucinema.com
Site du distributeur

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