Triple agent




Comme bon nombre de Russes tsaristes, Fiodor, un jeune général, s’est réfugié à Paris juste après la révolution bolchevique. Il y vit avec sa femme Arsinoé, une Grecque peintre à ses heures perdues. Tous les deux sont anti-bolcheviques, mais cela ne les empêche pas de sympathiser avec leurs voisins, communistes. Fiodor ne cache pas être un agent secret et travailler pour le renseignement mais sa femme ne parvient pas à déterminer pour qui il œuvre. La Russie tsariste, la récente URSS ou même le régime nazi... Il part régulièrement en voyage sans en informer Arsinoé qui n’apprend ses destinations réelles qu’avec les rumeurs ou au détour d’une phrase avec ses amies.

Quand Rohmer s’empare d’un genre comme le film d’espionnage, il ne faut pas s’attendre à des courses poursuites, des gadgets et des scènes d’action ébouriffantes. Comme il le dit lui-même, Triple agent est un long métrage bavard. Mais c’est bien dans le discours que l’on goûte toute la saveur du film. S’il y a de l'action, on ne la voit jamais. Le personnage principal nous la raconte. On ne peut jamais distinguer la vérité du mensonge et c'est tout l'enjeu du film : ce que l’on peut dire ou pas et comment l’on se représente à travers ses discours.
France, 2003
1h55

Réalisation et scénario : Eric Rohmer
Photographie : Diane Baratier
Interprètes : Katerina Didaskalou, Serge Renko, Cyrielle Clair, Grigori Manoukov, Dimitri Rafalsky, Nathalia Krougly, Amanda Langlet
Distribution : Rezo Films

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