La Vie moderne
Le nouveau film de Raymond Depardon est le dernier volet – le plus émouvant – de sa trilogie Profils paysans (après L’approche en 2000 et Le quotidien en 2005).
Il s’organise une fois encore autour d’une série d’entretiens avec des paysans et éleveurs du Massif Central : « C’est leur parole qui m’a surtout intéressé. Celle-ci n’a pas le même écho qu’en ville. Eux expriment toujours en premier ce qui ne va pas alors que nous, c’est le contraire. Ils dissimulent le bonheur alors que nous l’affichons. »
Mais ce documentaire est différent des deux précédents. D’abord en ce qu’il mobilise, d’une manière inattendue, tous les moyens du « grand » cinéma : scope 35 mm, travellings somptueux, musique classique… Ensuite parce que Raymond Depardon ne se dissimule plus derrière la caméra : on l’entend et on le voit à l’écran, il s’engage passionnément dans un film qui est, en même temps qu’un hommage aux « derniers paysans », une forme très inventive d’auto-portrait.
L’ironie du titre, La vie moderne, n’est pas où on pourrait le croire. Ces hommes et ces femmes des Cévennes ne sont pas approchés sur un mode condescendant ou nostalgique ; sous le regard de Raymond Depardon, ils se révèlent dans leur véritable modernité : « Ils sont complètement écolos sans le savoir. A force d’être tellement en retard dans ces montagnes sans avenir, on peut se demander s’ils ne sont pas déjà en avance. »
Antoine Glémain |
|
|
France, 2007 1h30
Réalisation : Raymond Depardon
Production et son : Claudine Nougaret
Musique : Gabriel Fauré
Distribution : Ad Vitam |
|
|
|