Le Serment d'Hippocrate


Le médecin généraliste en milieu rural n’est plus tout à fait le médecin de campagne isolé de nos grands pères, mais par sa situation d’acteur en première ligne, il nous rappelle qu’un médecin est avant tout et depuis toujours un clinicien et qu’il reste seul face à son patient.

L’hôpital local de ce village a 3 fonctions : il accueille des personnes âgées en maison de long séjour, des personnes en convalescence et des personnes handicapées adultes. Situé à 300 mètres du village, il constitue un espace sanitaire et social , peut accueillir pendant les gardes des malades qui peuvent être soignés certes en urgence mais sans besoin de grand plateau technique. Ainsi, les patients restent près de chez eux, le Samu n’est pas dérangé outre mesure et les hôpitaux des grands centres sont peut-être moins surchargés.

Le film propose donc une investigation dans le domaine de la pratique médicale généraliste, à la lumière de la plus vieille définition de l’art du soin qui se trouve présentée dans le Serment d’Hippocrate ; non pour dessiner un Eden perdu, mais pour mesurer la distance qui préside à la relation entre le médecin et le malade, et pour entendre les obligations auxquelles consciemment et inconsciemment le corps médical est tenu vis-à-vis de la société et du malade.

A travers ce film, on tente de s’approcher des enjeux de santé publique qui se traitent et se discutent parfois loin du terrain. Comme une radiographie, le film présente à travers les visites médicales, des situations exemplaires qui devraient servir aussi de témoignages et de messages de prévention. On découvre ainsi de manière sensible les pathologies qui restent d’actualité : cancer, Alzheimer, handicap, alcool, tabac. Si ce journal du médecin de campagne se déroule d’une garde à une autre, démontrant les variétés des situations et des enjeux, Guillaume, un jeune malade handicapé, donne la mesure, à son niveau, de sa réalité quotidienne à l’hôpital.

Nous ne sommes ni dans l’hagiographie du « Docteur », ni dans l’hystérie des images type « Urgences », mais avec un médecin généraliste et ses patients pour sentir aussi les signes, voire les symptômes et les ressources de notre société dans le domaine si complexe de la santé où le patient prend de plus en plus la parole et vit avec le médecin une relation privilégiée.
France, 2003
58 mn

Réalisateur : Dominique Gros
Photographie : Isabelle Fermon
Son : Antoine Rodet
Montage : Olivier Zuchuat
Production : Les Films d’Ici
Bio-filmographie de Dominique Gros (2002)

accueil - programmations - festival reflets du cinéma - éducation au cinéma - autres projets - liens - infos pratiques