Rome désolée


Des images de Rome, mêlées aux informations et aux publicités de la télévision de Berloscuni, ou de CNN, accompagnent une voix qui parle à la première personne, et tient la chronique implacable des aventures homosexuelles d'un jeune accro à la drogue.

« Dés la première séquence, le film abat ses cartes. Long plan fixe sur le quai de la « Stazione Termine », voix-off d'un homme qui raconte son séjour à Rome : système D, manque de fric, dope, homosexualité. Rome désolée n'est pas un film très gai (ni terriblement gay), mais la quête d'un sens, filmique et existentiel, dans le monde des ténèbres romaines.

Vincent Dieutre fouille les poubelles télévisuelles ou communication égale manipulation, pour trouver ici et là un instant de grâce. Les plans fixes, au contraire, sont des fenêtres de patience où la pellicule accueille généreusement le monde qui passe. Trop de sens d'un côté, trop peu de l'autre. Pourtant, c'est cette vie négative qui permet à l'image de renaître de ses cendres.

Par la drague et la drogue, l'homme voix arrive à la « gare terminus », constate l'impasse d'une descente voulue à l'enfer des apparences : « je me moque du monde, mais j'en souffre. » Résultat prévisible ? Sans doute. Mais le film revendique la liberté et la nécessité de (se) juger soi-même sur pièces, au lieu de vivre une expérience préfabriquée, fournie par l'agence de voyage. Cette solitude irréductible permet enfin à l'homme d'accorder une lueur d'humanité à l'autre et à soi-même. » (Paul Verstraten)
France, 1995
1h10

Réalisation : Vincent Dieutre
Scénario : Vincent Dieutre
Photographie : Gilles Marchand
Distribution : Documentaire sur Grand Écran
Critique - lesinrock.com
Fiche - lacid.org
Vincent Dieutre - cineclubdecaen.com
Vincent Dieutre - lamediatheque.be

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