Zeno
(Le parole de mio padre)


Zeno Cosini (Fabrizio Rongione), jeune homme rêveur et velléitaire, vit seul avec son père. A la mort de celui-ci, il comprend qu’à bientôt trente ans, il va falloir qu’il fasse quelque chose de sa vie.

L’héritage laissé par son père stipule en effet qu’il ne touchera sa part qu’à condition de trouver un travail. Malgré son peu d’inclination pour les affaires, Zeno postule donc chez Giovanni Malfenti, un vieil ami de son père, riche et charismatique marchand d’art. Celui-ci le prend en sympathie et l’engage. Une relation privilégiée s’établit entre le fils en deuil et le père qui n’a jamais eu de fils. Giovanni présente bientôt Zeno à sa famille : sa femme et surtout ses quatre filles, Ada, Augusta, Alberta et Anna, aux tempéraments aussi différents que passionnés. Zeno tombe vite amoureux de l’aînée, la mystérieuse Ada (Chiara Mastroianni). Il l’aide à répéter son rôle dans Les Trois sœurs, et partage avec elle de longues promenades dans la nuit romaine. Mais à mesure que la première approche, la comédienne se révèle de plus en plus fuyante et insaisissable, au grand désespoir de Zeno. Il croit trouver le réconfort chez sa sœur cadette, la fantasque Alberta. Mais là encore, tout ne va pas se passer exactement comme il l’attendait. Rejeté aussi par Alberta, Zeno est pris dans les rets des sœurs Malfenti et de leur rivalité sous-jacente. Il ne lui reste qu’à accepter l’amour d’Augusta... « Qui sait si je l’aime », se demande Zeno. « Le doute m’habitera peut-être pendant toute ma vie. Mais aujourd’hui je pense que l’amour, accompagné par autant de doute, est le véritable amour ».

Le film est librement adapté de deux chapitres, « La mort de mon père » et « Histoire de mon mariage », qui se succèdent dans le livre de Svevo. Francesca Comencini n’a pas procédé à une reconstitution historique : l’action se situe à Rome, et non plus à Trieste, et est transposée à l’époque contemporaine. Comme le titre original italien du film le suggère davantage, il est centré sur la figure des pères, dont les enfants ne parviennent ni à faire le deuil ni à vraiment hériter. Servi par des interprètes sensibles et une photographie soignée, c’est un beau film mélancolique.


Italo Svevo

Italo Svevo (19861-1928) est un écrivain issu de la communauté juive de Trieste, qui fait alors partie de l’empire austro-hongrois. Marqué par sa découverte de la psychanalyse et encouragé par James Joyce, il publie en 1923 La conscience de Zeno.

« On meurt dans l’état précis où on est né : avec des mains faites pour saisir et incapables de serrer. » (Italo Svevo)
Italie, 2001
1h25

Réalisation : Francesca Comencini
Scénario : Francesca Comencini, Francesco Bruni, d’après le roman d’Italo Svevo La conscience de Zeno
Photographie : Luca Bigazzi
Musique : Ludovico Einaudi
Interprètes : Fabrizio Rongione, Chiara Mastroianni, Claudia Coli, Mimmo Calopresti
Distribution : Pierre Grise

Film présenté au festival de Cannes dans la section Un certain regard en 2001
Interdit aux moins de 12 ans
Critique - arte.tv
Critique - magazine-litteraire.com
Dossier - commeaucinema.com
Site du distributeur

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