Les Clefs de la maison
(Le chiavi di casa)


Douleur et pudeur. Paolo, handicapé mental, n’a jamais connu sa mère : elle est morte à sa naissance, et n’a jamais vu son père qui a fui une situation trop dure pour lui. Et voilà que, quinze ans après, celui-ci ressurgit.

Tous deux vont alors faire connaissance au cours d’un voyage qui les emmène à Berlin, où l’enfant reçoit des soins dans un hôpital spécialisé. Son père, embarrassé dans sa lourde culpabilité d’avoir abandonné son rejeton, voudrait bien se racheter et se révèle attentionné. Le courant va-t-il passer entre ces deux êtres ?

Propos du réalisateur :

« A première vue, ce titre peut sembler déroutant pour un film comme celui-ci qui raconte l'impossibilité de sortir du cadre paternel (ou maternel), de se passer de la protection des adultes. Mais Paolo, qui interprète le rôle principal, exhibe les clefs de la maison comme un trophée, il rêve qu'elles symbolisent sa force, même s'il ne peut les utiliser, même si quelqu'un d'autre doit toujours être là pour lui ouvrir la porte. »

« À la fin de mon film Les clefs de la maison, avant le générique, il y a une dédicace : « En mémoire de Giuseppe Pontiggia ». Dans une scène centrale du film, Charlotte Rampling lit Né deux fois et le recommande à Kim Rossi Stuart : «C’est un livre qui nous concerne», lui dit-elle. En apparence, c’est le seul rapport qui existe entre l’histoire racontée par l’écrivain et mon script, écrit en collaboration avec Sandro Petraglia et Stefano Rulli. Le roman (qui n’en est pas un) couvre une période de plus de trente ans, alors que Les clefs de la maison se déroule sur une semaine ; l’histoire de Pontiggia se situe à Milan et le film à Berlin et en Norvège. Quand on transpose un livre à l’écran, ces variantes peuvent sembler normales, nécessaires peut-être même, mais nous savons bien que la « fidélité » entre cinéma et littérature est un faux problème.»

Presse :

« Gianni Amelio a trouvé la bonne distance. Il réussit à imposer un regard, il amène le spectateur à considérer en face Paolo, son handicap, son caractère insupportable, tout ce qui pourrait conduire à détourner les yeux, tout ce qui finalement le rend incroyablement attachant. » (Pascal Mérigeau, Le Nouvel Observateur)

« Les clefs de la maison aborde avec pudeur un sujet aussi difficile que les retrouvailles d’un père avec son fils inconnu de quinze ans, touché par une maladie incurable et handicapante. Le spectateur, constamment touché par la grâce du jeune Andrea Rossi (atteint par la maladie) et la beauté douce et lointaine de Kimi Rossi Stuart, passe du rire aux larmes sans la moindre culpabilité. La qualité principale de ce film réside dans sa totale équité, évitant soigneusement une surenchère de sensiblerie bien souvent exploitée. Cette œuvre est davantage marquée par la sincérité du ton et la délicatesse de la mise en scène. » (Nadège Fleury, commeaucinema.com)
Italie, 2004
1h45

Réalisation : Gianni Amelio
Scénario : Gianni Amelio, Sandro Petraglia, Stefano Rulli, d’après le roman de Giuseppe Pontiggia
Photographie : Luca Bigazzi
Musique : Franco Piersanti
Interprètes : Kim Rossi Stuart, Charlotte Rampling, Andrea Rossi, Alla Faerovich
Distribution : Pathé Distribution

Document pédagogique ici.
Critique - reforme.net
Critique et entretien (C. Rampling) - arte.tv
Dossier - commeaucinema.com

accueil - programmations - festival reflets du cinéma - éducation au cinéma - autres projets - liens - infos pratiques