Le Guépard
(Il gattopardo)


Adapté du roman à succès de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, et avec en toile de fond l’histoire de l’unification de l’Italie, le film de Visconti évoque le crépuscule d’un aristocrate qui voit le monde se reconstruire autour de lui, et bientôt sans lui.

1860 : Garibaldi et ses « chemises rouges » débarquent en Sicile. Le prince Salina (Burt Lancaster) regarde de haut ces bouleversements politiques, mais vient en aide à son jeune neveu, Tancrède (Alain Delon), qui, pour l’aventure, décide de rejoindre le camp de Garibaldi. Le prince s’installe avec sa famille dans sa résidence secondaire de Donnafugata. Malgré son mépris évident pour le maire de la ville, un propriétaire foncier dont le pouvoir financier et politique va grandissant, il accueille ce dernier sous son toit, séduit par la beauté de sa fille, Angelica (Claudia Cardinale). Il destine celle-ci à Tancrède, sans tenir compte de l’amour et des espoirs que sa propre fille entretenait à l’égard de son neveu favori. Tancrède rejoint bientôt les forces royalistes du nouveau régime tandis que le prince Salina refuse un poste de sénateur. Le grand bal auquel il assiste en compagnie de sa famille sonne le glas de cet aristocrate qui pressent, en même temps que sa mort prochaine, la fin d’une époque.

Film classique à gros budget, filmé en élégants plans-séquences, Le Guépard se présente d’abord comme une reconstitution historique minutieuse. Visconti a eu recours à des centaines de décorateurs, fleuristes, coiffeurs, maquilleurs…, il a fait restaurer des palais et acheter des meubles d’époque ; on dit même qu’il a poussé le raffinement jusqu’à garnir les commodes de tissus et accessoires luxueux, invisibles à l’écran… Le résultat reste aujourd’hui d’une beauté à couper le souffle, avec un trio d’interprètes magnifiques : Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale.

Mais tout le propos du film se condense dans la fameuse scène de bal finale (plus de 50 minutes !) : derrière les somptueuses apparences se manifeste la décrépitude d’un ordre social et, plus profondément encore, la vanité de la condition humaine. Le plan sur les pots de chambre destinés aux invités joue le même rôle révélateur que la tête de mort dans le tableau d’Holbein, Les ambassadeurs.

« Le thème central du Guépard "Pour que rien ne change, il faut que tout change", ne m’a pas seulement intéressé sous l’angle de la critique impitoyable contre le régime qui pèse comme une chape de plomb sur notre pays et qui a empêché tout vrai changement jusqu’à aujourd’hui, mais sous l’aspect plus universel, et hélas, très actuel, de plier toute la poussée du monde vers le neuf aux règles du vieux. » (Luchino Visconti)

Antoine Glémain
Italie, 1963
3h05

Réalisation : Luchino Visconti
Scénario : Suso Cecchi D’Amico, Pasquale Festa Campanile, Massimo Franciosa, Enrico Medioli, Luchino Visconti, d’après le roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa
Photographie : Giuseppe Rotunno
Musique : Nino Rota
Interprètes : Burt Lancaster, Alain Delon, Claudia Cardinale, Paolo Stoppa, Romolo Valli, Serge Reggiani, Terence Hill, Pierre Clémenti
Distribution : Pathé Archives
Critique - arte.tv
Critique - cineclubdecaen.com
Dossier teledoc - cndp.fr
Le Guépard et le "transformisme" politique (Aurore Renaut) - lignes-de-fuite.net
Le Guépard sur le blog de Pierre Assouline
Les figures de l'étranger dans l'oeuvre de Visconti - mecaniquefilmique.com
Luchino Visconti adapte Le Guépard (Aurore Renaut) - lignes-de-fuite.net
Site claudiacardinale.co.uk
Site officiel de Claudia Cardinale
Site Visconti - emmanuel.denis.free.fr
Sur le roman - ac-amiens.fr
Sur le roman - agence-cinema-education.fr
Sur le roman - crdp.ac-paris.fr
Sur le roman - lmda.net
Visconti - arte.tv
Visconti à Cannes en 1963 (vidéo) - ina.fr

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