Le Voleur de bicyclette
(Ladri di biciclette)


Antonio Ricci, quarante ans, vit dans une banlieue populaire de Rome avec sa femme et ses deux enfants. Au chômage depuis deux ans, il a finalement la chance de trouver un emploi de colleur d’affiche, à condition qu’il ait une bicyclette.

La sienne étant gagée au Mont de Piété, Maria, sa femme y porte trois paires de draps afin de récupérer l’indispensable bécane. Le lendemain matin, il se rend à son travail, accompagné de Bruno, son fils de 10 ans, qui travaille dans une station service. Ce même matin, alors qu’il a commencé sa tournée, sa bicyclette lui est volée, anéantissant d’un coup tous ses espoirs. Vainement, il se lance à la poursuite du voleur dans les rues de Rome, il doit se résoudre à porter plainte auprès de la police, qui lui laisse peu d’espoirs. Le lendemain dimanche, avec son fils, son ami Baiocco et deux autres compères, ils vont au marché aux puces où ils pensent retrouver le voleur désirant vendre le vélo.

Presse :

«Comme s’il se méfiait du réalisme pur, du réalisme pour le réalisme, De Sica sème sur le parcours de son personnage des signes ambigus qui maintiennent en éveil l’attention du spectateur. Il satirise d’abord la superstition populaire, mais dans la seconde scène où apparaît la voyante, elle dit au héros : «Ta bicyclette : ou tu la retrouves tout de suite ou tu ne la retrouves jamais» Il se trouve qu’elle a raison sur les deux points. Rome, d’autre part, est décrite tout au long du film comme un labyrinthe (assez peu réaliste) où le héros et son voleur, toujours très proches l’un de l’autre dans l’espace, semblent jouer à cache-cache et finissent par échanger leurs rôles comme dans la thématique hitchcockienne. Le voleur, découvert, apparaîtra comme une victime et la victime deviendra voleur à son tour. Cette péripétie finale - très habile - se répercute à plusieurs niveaux : psychologique, social, moral, spirituel. L’ultime misère du chômeur est en effet cette perte d’identité accompagnée d’une perte, non moins grave, d’estime de soi. On voit nettement à travers ce film ce qui impressionna le public dans le néo-réalisme : qu’une intrigue au départ extrêmement ténue, faite de péripéties quotidiennes et minuscules, finisse par avoir des échos si considérables qu’ils atteignent peu à peu toutes les couches de conscience du protagoniste et, en même temps, du spectateur.» (Jacques Lourcelles - Dictionnaire du Cinéma)

Document pédagogique ici et ici.
Italie, 1948
1h25

Réalisation et scénario : Cesare Zavattini, Vittorio De Sica,
Oreste Biancoli, Suso Cecchi d’Amico, Adollo Franchi, Ghearardo Gherardi,
Gerardo Guerrieri, d’après le roman de Luigi Bartolini.
Photographie : Carlo Montuori
Musique : Alessandro Cicognigni
Interprètes : Lamberto Maggiorani
Enzo Staiola, Vittorio Antonucci
Lianella Carell, Elena Altieri
Michèle Sacara, Gino Satambranda
Distribution : Films sans frontières
Analyse - frames-free.fr
Dossier - abc-lefrance.com
Dossier pédagogique CNC - site-image.eu
La dernière scène du film - cndp.fr
Le néoréalisme italien - arte.tv
Le néoréalisme italien - bifi.fr
Le néoréalisme italien - frames.free.fr
Le réalisme au cinéma - cadrage.net

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