La Chambre des officiers




Difficile d'dapter une histoire vraie qui semble infilmable ! Pourtant Dupeyron réussit ce "portrait" du jeune lieutenant Adrien défiguré par un éclat d'obus à sa première sortie au début de la guerre 14-18. Il ne verra même pas un allemand ! Pour lui la guerre est finie avant d'avoir commencé. Il restera cinq ans au Val de Grâce et connaîtra une autre guerre : une lutte pour la survie, une reconstruction physique et morale. Cinq ans avec la hantise de vivre. Cinq ans pour s'accepter soi avec sa nouvelle image. Adrien ne parle plus, c'est sa "voix intérieure" qu'on entend. Histoire terrible de ces "gueules cassées" qui vont devoir surmonter le désespoir, accepter le regard des autres, avec l'aide des camarades de chambre, des femmes (l'infirmière Anaïs - belle interprétation de Sabine Azéma, la soeur, le souvenir d'une femme aimée) et des chirurgiens.

La Chambre des officiers ou comment raconter l'horreur sans fuir.

Un très bon film plein d'humanité, sur la solidarité. Un huis clos oppressant avec quelques touches d'humour qui permettent de respirer.
Un film qui pourrait se résumer par le titre du précédent long métrage de Dupeyron C'est quoi la vie ? Toujours la même question.

Aparté : Pour les plus jeunes spectateurs rappelons que c'est la Grande Guerre qui a donné des cobayes aux chirurgiens pour inventer la chirurgie réparatrice. Les autres spectateurs penseront beaucoup à Johnny got is gun et souvent à Elephant man.

Jacqueline Bessin
France, 2001
2h10

Réalisation et scénario : François Dupeyron d'après le livre de Marc Dugain
Photographie : Tetsuo Nagata
Interprètes : Eric Caravaca, Denis Podalydès, Gregori Derangère, Sabine Azéma, André Dussolier, Isabelle Renauld, Géraldine Pailhas
Musique : Arvo Pärt
Distribution : ARP Sélection

accueil - programmations - festival reflets du cinéma - éducation au cinéma - autres projets - liens - infos pratiques