L'Anguille
(Unagi)




Takuro Yamashita, un cadre supérieur, apprend par de slettres anonymes que sa femme le trompe. Obsédé par ces lettres, il lui faut absolument savoir la vérité. C'est pourquoi, une nuit, il revient plus tôt de la pêche, surprend sa femme dans les bras de son amant et la tue avec une extrême violence. Takuro se livre immédiatement à la police.

Huit ans plus tard, Takuro sort de prison sous condition. Il emporte avec lui une anguille, qu'il a apprivoisée en prison. Un bonze, son garant légal, le prend en charge pour l'aider à se "réinsérer"...

A sa sortie de prison, Takuro est un homme dégoûté, absent. Il est comme un fantôme. Il semble ne plus vouloir, ne plus aimer, ne plus avoir de réalité comme individu. Il s'est replié sur lui-même et n'aspire qu'à vivre retiré. Il semble s'estimer trahi par tous (les lettres anonymes), par sa femme qui l'a trompé et y compris par lui-même : il ne se serait sans doute jamais cru capable d'un tel acte. Ce qui l'impressionne dorénavant, c'est le silence. Le silence de l'anguille et son propre silence permettent une communnication essentielle où la question de la confiance ne se pose plus, elle est devenue évidente.

Cependant, le réel et une multitude de curieux personnages vont, malgré lui, contribuer à sa réhabilitation, à la renaissance de liens sociaux et affectifs.

Takuro Habite dans un lieu désaffecté, à l'abandon et dont on ne se soucie plus. Il reconstruit un vieux commerce pour en faire un salon de coiffure (il a appris le métier de coiffeur en prison) et y installe, en bonne place, un aquarium pour l'anguille.

C'est un lieu où on vient s'échouer.

D'ailleurs, c'est ici que Keiko a décidé de se suicider. Elle aussi a besoin d'oublier son passé. Keiko, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la femme de Takuro sera sauvée. Le bonze va la recueillir et, à force d'insister, obtenir de Takuro qu'il la prenne dans son salon. Elle s'y impose et le salon qui lui était toujours vide, ne désemplit plus.

Le salon, Takuro et son anguille deviennent le centre d'une communauté solidaire qui se reconstitue et d'un amour qui renaît...

"La révélation de l'adultère et l'assassinat sauvage de l'épouse ont lieu avant et pendant les premiers cartons du générique. mais, déjà, l'ironie s'installe lorsque le protagoniste se livre à la police. Par le seul biais de la mise en scène, Imamura prend ses personnages au sérieux, mais s emoque de leurs comportements. Cette distance, cet humour se retrouvent tout au long du film, contre-balançant par une sorte d'irréalité formelle le poignant itinéraire de ces marginaux." (Positif)

Shohei Imamura


Imamura est né en 1926. Il travaille comme assistant de Y. Ozu et devient réalisateur à part entière en 1958. Il dirige à Tokyo une école de cinéma. Son oeuvre cinematographique est déjà importante. La Ballade de Narayama et Pluie noire étant ses films les plus connus.

Willy Durand
Japon, 1997
1h57

Réalisation et scénario : Shohei Imamura d'après le roman d'Akira Yoshimura, Scintillant dans l'ombre.
Photographie : Shigern Komatsubara
Musique : Shinichiro Ikebe
Interprètes : Koji Yakusho, Misa Shimizu, Fujio Tsuneta, Mitsuko Baisho, Akira Emoto, Sho Aikawa, Ken kobayashi, Sabu Kawara

Palme d'or Cannes 1997

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