Au bout du monde


Les aventures d'une maison à l'équilibre fragile posée sur le pic d'une colline, elle balance alternativement de droite à gauche au grand dam des habitants.

Comme les grands du cinéma burlesque, Konstantin Bronzit (qui rend hommage à Chaplin avec cette maison en déséquilibre renvoyant à celle de La ruée vers l’or) travaille le rythme des gags et de leur enchaînement. Ce qui fascine dans Au bout du monde c’est le croisement de trois types de gags : le gag direct, le gag de répétition et le gag à retardement. Nous pourrions penser que l’enchâssement de ces types de gags se doit d’être soutenu par un rythme haletant, mais la force de Bronzit est de créer une sorte de faux-rythme et d’user du contre- temps.

Comme les burlesques, Bronzit
(même s’il se garde de toute interprétation) touche au réel. Ce «bout du monde» n’est pas coupé du monde. Au contraire il évoque une situation singulière (n’oublions pas que notre maison est un poste de douane entre une société ex-soviétique et ce qu’on appelle «l’occident») du monde, incarnée par le berger qui revient avec une voiture rouge resplendissante alors qu’il avait passé la frontière avec quelques moutons. Quel est donc ce bout du monde et comment à cette place assiste-t-il à ce que nous nommons aujourd’hui confusément la «mondialisation» ? (Yann Goupil - Dossier Ecole et Cinéma)
France, 1999
8 mn

Réalisation : Konstantin Bronzit
Source : Agence du court métrage
Dossier pédagogique CNC - site-image.eu

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