De l'eau tiède sous un pont rouge
(Akai hashi noshitano nurui mizu)




Malgré un âge déjà avancé, Imamura continue à tourner et ses précédentes réalisations (L'Anguille ou Kanzo Sensei avec Jacques Gamblin) prouvaient à quiconque pouvait en douter qu'il n'avait rien perdu de son talent. De l'eau tiède sous un pont rouge n'échappe pas à la règle. Dans cette dernière histoire, Shohei Imamura relate l'étrange relation qui se noue entre Yosuke, un cadre désoeuvré, et Saeko, qui possède la faculté - étonnante ! - de faire jaillir de l'eau de son corps au moment de l'acte sexuel. Si l'on est raisonnable, il n'est pas possible que tant de liquide sorte ! C'est du moins ce que pensent le vieux Taro et la majorité des spectateurs. Et pourtant Imamura raconte cette passion sans se démonter. Avec un humour jamais démenti, avec une rigueur narrative jamais prise en défaut, avec une verve qu'on chercherait en vain chez certains réalisateurs et réalisatrices plus jeunes, il propose là un film jubilatoire. Et surtout il célèbre le plaisir féminin, un plaisir sans tabou, presque cosmique.

Non ! Mille fois non, la chair n'est pas triste quand elle est célébrée par Imamura.

Yannick Lemarié
Japon, 2001
1h59

Réalisation : Shôhei Imamura
Scénario : Shôhei Imamura, Motofumi Tomikawa, Daisuke Tengan d’après le roman de Henmi Yo
Photographie : Shigeru Komatsubara
Musique : Shinichiro Ikebe
Interprètes : Koji Yakusho, Misa Shimizu, Mitsuko Baisho, Mansaku Fuwa, Kazuo Kitramura, Isao Natsuyagi, Yukiya Kitamura,
Hijiri Kojima
Distribution : Pyramide

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