L'Avocat de la terreur
Communiste, anticolonialiste, d’extrême droite ? Quelle conviction guide Jacques Vergès ?
Barbet Schroeder mène l’enquête pour élucider le « mystère ».
Au départ de la carrière de cet avocat énigmatique : la guerre d’Algérie et Djamilah Bouhired, la pasionaria qui porte la volonté de libération de son peuple. Le jeune homme de loi épouse la cause anticolonialiste, et la femme. Puis disparaît huit ans. À son retour, Vergès défend les terroristes de tous horizons (Magdalena Kopp, Anis Naccache, Carlos) et des monstres historiques tels que Barbie.
D’affaires sulfureuses en déflagrations terroristes, Barbet Schroeder suit les méandres empruntés par « L’avocat de la terreur », aux confins du politique et du judiciaire.
Le cinéaste explore, questionne l’histoire du « terrorisme aveugle » et met à jour des connexions qui donnent le vertige.
Dans sa riche filmographie, Barbet Schroeder s’est intéressé d’une manière récurrente à des personnages hors-normes, à des « monstres » : le général Amin Dada, l’écrivain Bukovski, le milliardaire meurtrier du Mystère Von Bülow, Koko, le gorille qui parle, les enfants tueurs de Medellin… Le portrait qu’il trace cette fois-ci de l’avocat Jacques Vergés est formellement très soigné et se distingue par un montage habile d’interviews de Vergès lui-même et de personnages souvent méconnus, qui l’ont accompagné depuis un demi-siècle. Il apporte des éclairages saisissants sur tout un milieu « révolutionnaire » et sur toute une époque historique - des luttes anti-coloniales des années 1950 à l’actuel « terrorisme international ». La figure de Jacques Vergès est placée sous une lumière crue mais n’est pas pour autant caricaturée et garde sa part de mystère : ce n’est pas le moindre mérite du film.
Antoine Glémain |
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France, 2007 2h15
Réalisation : Barbet Schroeder
Photographie : Caroline Champetier A.F.C., Jean-Luc Perreard
Musique : Jorge Arriagada
Distribution : Les Films du Losange |
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