Tiresia
Le film est une adaptation libre, résolument contemporaine, du mythe de Tirésias. Tiresia est un transsexuel brésilien au Bois de Boulogne. Il est enlevé et séquestré par un esthète, Terranova, qui se contente de l’observer, fasciné.
Mais Tiresia, privé d’injections d’hormones, perd progressivement sa féminité et son ravisseur lui crève les yeux et l’abandonne comme mort. Recueilli par une jeune fille muette, Anna, il montre des dons de clairvoyance et se met à prédire l’avenir aux visiteurs venus le rencontrer. Son succès provoque l’inquiétude du curé local, le père François, alarmé par le danger que représente le prodige pour son ministère moral...
Tiresia est un film étrange et dérangeant, qui ne se laisse pas facilement approcher. Comme le Vertigo d’Hitchcock ou le Lost Highway de Lynch, il se compose de deux parties jumelles, la seconde conduisant à une re-vision décalée de la première, sans pour autant l’éclairer complètement. Notre trouble de spectateur est accentué par d’autres jeux vertigineux de doubles : le personnage de Tiresia est joué successivement par deux acteurs, féminin et masculin, tandis qu’un seul comédien, Laurent Lucas, incarne Terranova et le père Joseph.
Le matériau même du mythe de Tirésias est transformé, d’une manière peut-être un peu trop explicite dans la deuxième partie, dans la perspective christique d’une mort et d’une résurrection. Le sens du sacré, qui traverse tout le film, n’évacue cependant pas la présence des corps, la trivialité des situations et la crudité de certaines images.
Antoine Glémain |
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France / Canada, 2003 1h55
Réalisation et scénario : Bertrand Bonello d’après une histoire de Luca Fazzi
Photographie : Josée Deshaies
Musique : Symphonie n° 7 de Beethoven, Odetta, Nick Cave…
Interprètes : Laurent Lucas, Clara Choveaux, Thiago Telès, Célia Catalifo
Distribution : Haut et Court
Interdit aux moins de 16 ans
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