Kaïro
(Kairo)




Un jeune informaticien se suicide, laissant une trace noire sur le mur et une disquette à ses amis : Junko, jeune fille sensible, Michi, forte et lucide, et le naïf Kawashima. Celui-ci lit la disquette et se retrouve sur internet via un provider mystérieux qui se connecte tout seul et envoie des images de gens semblant emprisonnés dans un autre monde. Il reçoit aussi des appels à l'aide d'anonymes.

Difficile de parler de ce film classé d'office dans la série "épouvante". Pour ma part, je ne l'ai pas ressenti ainsi, du moins dans le sens commun du terme. Certes les ordinateurs s'allument spontanément, certes des ombres tranquilles surgies de nulle part traversent des couloirs ! L'épouvante vient d'ailleurs : un virus informatique se propage et les êtres qui le contractent sont poussés au suicide.

Incommunicabilité, solitude, repliement sur soi, voilà pour Kurosawa la véritable plaie, celle qui fait tomber dans le néant. D'ailleurs, les fantômes n'en souffrent-ils pas eux aussi puisqu'ils cherchent à communiquer avec les vivants et rompre ainsi leur propre isolement ?

Avec subtilité et un certain sens poétique, Kaïro reprend les questionnements chers à son auteur (Cure, Charisma) : l'au-delà, la mort et les moyens de vivre avec elle. Visuellement parlant, Kaïro est tout aussi intéressant et ne peut pas laisser indifférent. Les "effets spéciaux", délibérément pour la plupart inspirés des oeuvres de Francis Bacon, renforcent la fascination du propos. Une autre image saisissante du film, celle "d'une traversée en plein jour de Tokyo absolument désert et néanmoins magnifique, comme si l'absence totale d'êtres humains ne gâtait en rien la beauté du monde." (Télérama)

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Kiyoshi Kurosawa



Né en 1955 à Kobé, Kiyoshi Kurosawa fait partie de cette nouvelle génération de cinéastes japonais issue des années 90. En 1983, après avoir été assistant-réalisateur et réalisé un moyen métrage, Vertigo College, il réalise pour la Nikkatsu son premier long métrage, le sulfureux Kandagawa Wars. Il se brouille avec la Nikkatsu et devient enseignant. Sa carrière reprend au cinéma en 1988 avec Sweet Home. Grâce à ses films suivants (Cure en 1997, Kaïro en 2001, Jellyfish en 2003, Tokyo Sonata en 2008), sa réputation devient internationale. Plus récemment, on lui doit le film Shokuzai (2012). Son prochain film est en cours de tournage en France.

Dany Béchet
Japon, 2001
1h30

Réalisation et scénario : Kiyoshi Kurosawa
Photographie : Junichiro Hayashi
Musique : Takefumi Haketa
Interprètes : Haruhiko Kato, Kumiko Aso, Koyuki, Kurume Arisaka, Koji Yakusho
Distribution : Zootrope distribution

Dossier - commeaucinema.com
Dossier - transmettrelecinema.com
Kiyoshi Kurosawa - cineclubdecaen.com
Kurosawa : questionnaire Blow Up - arte.tv
Résumé détaillé - cineclubdecaen.com
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