Ce sentiment de l'été


Au milieu de l'été, Sasha, 30 ans, décède soudainement. Alors qu'ils se connaissent peu, son compagnon Lawrence et sa sœur Zoé se rapprochent.

Ils partagent comme ils peuvent la peine et le poids de l'absence, entre Berlin, Paris et New York. Trois étés, trois villes, le temps de leur retour à la lumière, portés par le souvenir de celle qu'ils ont aimée.

Ce sentiment de l'été est un film sur le deuil, mais filmé de manière pudique par une caméra qui reste derrière l'embrasure de la porte de la chambre de la mère de Sasha qui, l'été suivant, pleure toujours sa fille. Dans ce film, pas de crises de larmes, au contraire, on se cache pour pleurer, devant son enfant, comme Zoé, la néanmoins pétillante Judith Chemla. Par contre, on se soutient. Où qu'il soit, à déambuler dans les rues à Berlin, à Paris, ou à New York, Lawrence, le protagoniste, est très entouré et soutenu par ses amis et la famille de sa petite amie défunte. Où qu'il soit, il est également accompagné par un soleil radieux qui surplombe les villes et réchauffe son coeur, et apporte un « sentiment de l'été ».

Cette lumière chaude contribue aussi à la beauté de la photo du chef opérateur, Sébastien Buchmann (également fidèle à Valérie Donzelli) dont le regard a su mettre en valeur les capitales culturelles en réussissant à capter de véritables cartes postales des villes : les toits de Paris au coucher du soleil, le mur de Berlin au Mauerpark, les graffs sur les façades en briques de Brooklyn, il est bon de découvrir ou de redécouvrir ces endroits...

Pour accompagner Lawrence dans son deuil, lorsqu'il « marche pour avancer », le réalisateur parisien a fait appel au leader du groupe Tahiti Boy and The Palmtree Family, David Sztanke, qui avait déjà composé la musique de Memory Lane. Quant à Lawrence, il est interprété par Anders Danielsen Lie, l'acteur norvégien révélé dans Oslo, 31 août, qu'on a ensuite vu dans Fidelio. Tourné en français, Ce sentiment de l'été n'a donc pas été joué dans sa langue d'origine, ce qui donne encore plus de mérite à la mélancolie du jeu de ce médecin dans la vie de tous les jours.


Estelle Chesné
France / Allemagne, 2016
1h46

Réalisation et scénario : Mikhaël Hers
Photographie : Sébastien Buchmann
Interprètes : Anders Danielsen Lie, Judith Chemla, Marie Rivière, Féodor Atkine
Distribution : Pyramide

accueil - programmations - festival reflets du cinéma - éducation au cinéma - autres projets - liens - infos pratiques