Amours, larcins et autres complications


Du cinéma palestinien nous n’avions plus vraiment de nouvelles depuis l’irruption d’Elia Suleiman dans les années 90.

Certes, ce dernier continue de tourner, mais la relève se faisait attendre. Heureusement, elle arrive avec Muayad Alayan et son film Amours, larcins et autres complications, conçu avec trois bouts de ficelles et l’énergie de ceux qui ont de l’enthousiasme à défaut d’argent.

Le charme de ce premier long-métrage vient de son ton décalé qui allie, avec un vrai sens du tempo, la vie et la mort, les scènes les plus cocasses et les plus inquiétantes. Comment imaginer, sans cela, un point de départ aussi farfelu : un voleur palestinien s’empare d’une voiture, sans savoir qu’il y a, dans le coffre, un soldat israélien tout juste kidnappé ?

Le charme vient également du personnage principal – sorte de Pied-nickelé perdu au milieu des dangers – qui réussit le tour de force d’être poursuivi conjointement par les activistes palestiniens, les services secrets israéliens et un mari jaloux !

Naturellement, on peut voir dans Amours, larcins et autres complications la métaphore d’un peuple enfermé dans son territoire qui essaie par tous les moyens de se libérer. On peut y voir aussi la preuve supplémentaire de la puissance du rire et, au-delà, du cinéma afin de réconcilier les ennemis.

Yannick Lemarié
Palestine, 2015
1h33

Réalisation : Muayad Alayan
Scénario : Muayad Alayan et Rami Musa Alayan
Interprètes : Sami Metwasi, Maya Abu Alhayyat, Ramzi Maqdisi, Riyad Sliman...
Photographie : Muayad Alayan
Musique : Nathan Daems
Distributeur : ASC Distribution
Critique critique-film
Critique Le monde
Critique les inrocks
Critique télérama
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