In the Land of the Head Hunters


Motana, fils d’un grand chef indien, part à l’aventure pour acquérir des pouvoirs surnaturels. La nuit, il rêve de la belle Naida.

Il se promet de l’épouser à son retour. Mais la jeune fille est aussi convoitée par le féroce Sorcier qui règne sur les chasseurs de tête. Craignant ses terribles sortilèges, Waket, père de Naida, lui a destiné sa fille. Une guerre entre tribus se prépare…

Pour financer son travail, il a entrepris en 1914 de tourner In The Land Of The Head Hunters, un film de fiction, vaguement inspiré de la pièce de Shakespeare, Roméo et Juliette, transposée chez les Indiens Kwakiutl de l’île de Vancouver. Le film, cuisant échec commercial, a servi de modèle pour deux chefs d’œuvre ultérieurs du cinéma « ethnographique » : Nanouk l’esquimau de Robert Flaherty (1922) et Tabou de Friedrich Wilhelm Murnau (1931).

Redécouvrir ce film aujourd’hui en version restaurée ne revient pas seulement à satisfaire une curiosité historique. Faisant rejouer par des autochtones des scènes d’une « vie sauvage » qui venait en fait d’être éliminée par la « conquête de l’Ouest », le film s’inscrit dans le même processus de réécriture à chaud de l’histoire, de folklorisation des peuples vaincus, que les spectacles de Buffalo Bill, les westerns, les minstrel shows, les expositions coloniales… (voir le beau livre d’Eric Vuillard, Tristesse de la terre). En même temps pourtant - et c’est tout le talent ambigu d’Edward S. Curtis - ces hommes et ces femmes Kwakiutl débordent, par leur seule présence à l’écran le cadre de la représentation qui leur est assignée. Ils nous hantent comme témoins inoubliables désormais d’une civilisation perdue.

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EDWARD S. CURTIS (1868-1952)
Fils d’un vétéran de la guerre de Sécession, photographe de studio devenu ethnologue sur le tas, a consacré une grande partie de sa vie à préserver la mémoire de plus de 80 tribus indiennes d’Amérique du Nord, à travers plus de 40 000 clichés (dont celui du célèbre chef de guerre Geronimo) et plus de 10 000 enregistrements audio.

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Antoine Glémain
USA / Canada, 1914
1h05

Réalisation et scénario : Edward S. Curtis
Photographie : Edmund August Schwinke
Composition musicale : Rodolphe Burger - guitare, sampler, voix. Mixée en enregistrée par Julien Perraudeau, Léo Spiritof et Marco De Olivera
Distribution : Capricci Films
Critique - cinema.blog.lemonde.fr
Critique - critikat.com
Dossier - commeaucinema.com
Site du distributeur

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