Young yakuza




Naoki, adolescent désoeuvré, est placé par sa mère en apprentissage dans un clan mafieux, dont il découvre pendant une année entière les codes et rituels. Sur cette base narrative, qui pourrait tenir de la fiction autant que du documentaire, le cinéaste français Jean-Pierre Limosin, dont le travail a pris corps au Japon à plusieurs reprises (Tokyo eyes et Cinéma, de notre temps : Takeshi Kitano l’imprévisible) entreprend de décrire ce qui est toujours resté invisible : les logiques organisationnelles et symboliques d’un groupe de yakuzas, données à saisir en même temps que leur compréhension progressive par Naoki. La perte d’influence avérée du clan, manifestée par la lucidité de la parole de son chef, Kumagai, entre en résonance avec une dégradation des repères de la jeunesse nippone, que le film révèle avec une écriture subtile, respectueuse, dédouanée d’élans voyeuristes et portée par une puissante mélancolie.

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Jean-Pierre Limosin



Né en 1949. En 1983, il co-réalise avec Alain Bergala Faux fuyants, puis, en 1985, seul derrière la caméra, réalise Gardien de la nuit, puis L’Autre nuit en 1988. Au début des années 90, il se tourne vers le documentaire avec deux portraits : celui d’Abbas Kiarostami en 1993 et celui d’Alain Cavalier en 1995 pour la collection Cinéma de Notre Temps. Il revient à la fiction avec Tokyo Eyes en 1997. Viennent ensuite Novo (2002), Carmen (2004), Young Yakuza (2006).

Nicolas Thévenin
France, 2006
1h40

Réalisation et scénario : Jean-Pierre
Limosin
Photographie : Julien Hirsch, Céline
Bozon
Musique : Xavier Jamaux
Distribution : Tamasa Distribution
Critique - critikat.com
Dossier - commeaucinema.com
Entretien - lemonde.fr

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