Requiem for a dream




Adaptée du roman d’Hubert Selby Jr. Retour à Brooklyn, l’histoire raconte la lente mais inexorable descente aux abîmes d’un quatuor familial que rien ne préparait au désastre. A chacun sa dope ! tel pourrait être le cri de ralliement du cinéaste qui, loin de juger ses personnages, condamne ici les méfaits des sociétés du paraître et de l’argent facile. Ainsi, faisons-nous connaissance avec Sara qui vit seule, scotchée à journée entière devant sa télévision. Puis avec son fiston Harry, Marion la petite amie de celui-ci, et le bon copain Tyrone. Leur plaisir à eux, c’est le shoot, histoire de planer et oublier momentanément ce qui se passe ici-bas. Tous ces personnages s’entendent bien, scellés par un véritable sentiment d’amour et l’ambition secrète d’accéder à une vie meilleure et réussie. Jusqu’au jour où …Sara, apprenant qu’elle est sélectionnée pour passer dans son émission fétiche, entame le régime draconien, coupe-faim et amphétamines à l’appui, qui la rendra resplendissante dans sa belle robe rouge. Quant aux trois jeunes, le manque de dope et d’argent se font de plus en plus ressentir. La tentation de jouer dans la cour des caïds se fait alors pressante. Pour tous le voyage de la dépendance commence… J’avoue être tout simplement bouleversée par cette histoire dont la mise en scène et la mise en image s’avèrent tout à fait étonnantes. Comme pour contrebalancer la dureté du sujet et sa horde de préjugés, le réalisateur prend le parti d’en faire un plaidoyer. Avec une extraordinaire humanité, il nous montre comment chacun des personnages est à la fois l’acteur et la victime de ses propres illusions et de sa propre destruction. L’amour et l’amitié volent en éclats. Chacun se replie dans son isolement physique et moral, avec ce sentiment bizarre qu’il est en train de rater son « American way of life », mais qu’une force invisible l’empêche cependant de retourner en arrière. N’y a-t-il pas un peu de Sara, Harry, Marion ou Tyrone en chacun de nous ? C’est sans doute cela qui nous les rend si pathétiques.

Dany Béchet
USA, 2001
1h50

Réalisation et scénario : Darren Aronosky d’après le roman de Hubert Selby Jr
Photographie : Matthew Libatique
Musique : Clint Mansell
Interprètes : Ellen Burstyn, Jared Leto, Jennifer Connelly, Marlon Wayans, Louise Lasser, Marcia Jean Kurtz, Mark Margolis
Distribution : Sagittaire Films

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