Casse


Qu'est-ce qui peut pousser, donner envie, à un homme d'une bonne cinquantaine d'années d'esquisser quelques pas de danse au milieu des carcasses de voiture ?

De même, qu'est-ce qui permet à deux hommes assis dans une voiture détruite de converser joyeusement sur l'amour, les rêves et ce qu'ils ressentent des regards que les autres portent sur eux ? La quiétude d'une casse automobile devenant le temps de quelques heures un espace intime, aussi surprenant et inattendu que cela puisse paraître. Cette possibilité de quiétude ne semble possible qu'au milieu des ruines, celles de nos sociétés, et semble, peut-être, le point de départ d'une possible reconstruction de soi et du monde...

La caméra de Nadège Trebal (Bleu pétrole) n'est pas pour rien dans la construction de cet espace où le temps semble s'arrêter. Discrètement, humblement et tendrement, elle reconstruit cet entre-deux où se retrouvent des hommes qui, on l'imagine sans peine, passe leurs journées à survivre. Dans un genre très différent, on pense au film de Akira Kurosawa, Dode's kaden, le portrait d'une société japonaise qui poussent ceux et celles qui n'ont pas réussi, à vivre dans les bas-fonds, lieux de décharge des objets et des êtres abandonnés. Mais, contrairement à ce film, celui de Nadège Trebal nous montre la vie qui ne demande qu'à renaître. Elle est encore là et bien là ! Il ne lui manque sans doute que d'autres espaces pour s'exprimer.

Willy Durand
France, 2014
1h30

Réalisation et scénario : Nadège Trebal
Photographie : Olivier Guerbois
Musique : Luc Meilland
Distribution : Shellac
Critique - avoir-alire.com
Critique - critikat.com
Dossier - commeaucinema.com
Site du distributeur

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