On a grèvé


En 2012, Oulimata, Mariam, Géraldine, Fatoumata et d'autres femmes de chambre travaillant dans deux établissements parisiens du groupe Louvre Hôtels (2e groupe hôtelier d'Europe détenu par le fond d'investissement Starwood : Campanile, Première classe, Kyriad...) pour le compte d'une société de sous-traitance se mobilisent.

Elles n'acceptent plus d'être payées « à la chambre » et non pas « à l’heure » conformément à ce que prévoit la législation du travail, et espèrent une amélioration de leurs conditions de travail et une reconnaissance de leur statut de travailleuses. Elles "grèvent" et s’installent sur la voie publique à l'entrée d'un des hôtels, pour faire entendre pour la première fois leur voix. Ces femmes auraient sans doute eu du mal à engager une lutte sociale avec ce groupe hôtelier s’il ne s’était trouvé un syndicaliste de la section CGT des Hôtels de prestige et économiques pour imaginer avec elles un mouvement de grève exemplaire et déterminé.

Dès le début du mouvement, Denis Gheerbrant (que nous avons accueilli à Laval en 2009 pour La République Marseille et à Mayenne en 2010 pour La Vie est immense et pleine de dangers) va à la rencontre de ces femmes en lutte qu'il filme et écoute à même le trottoir. Au fil des jours, elles lui disent leurs histoires, leurs rêves, leurs difficultés ; il filme les discussions, les chants, les danses, les piques-niques où enfants et amis viennent soutenir l'effort du collectif. Sans dévoiler totalement au lecteur l'issue de cette lutte, on peut dire qu'elle a grandement fait bouger les lignes en faveur de ces femmes et qu'à sa manière, certes parcellaire, ce film en constitue une trace.

Armelle Pain
France, 2013
1h10

Réalisation, scénario et photographie : Denis Gheerbrant
Distribution : Zeugma Films
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