Les Chiens errants
(Jiao You)


Une femme se brosse les cheveux lentement. Elle est assise au bord d’un lit où dorment deux enfants. La lassitude l’envahit...

A un carrefour, au milieu de la circulation et en pleine tempête, un homme tient une pancarte, une publicité pour une société immobilière. Il résiste, il doit tenir toute la journée pour pouvoir être payé et nourrir ses deux enfants qui, en l’attendant, traînent au centre commercial. Le soir, il les retrouve, ils mangent ensemble dans la rue avant de rejoindre l’endroit où ils dorment, un immeuble abandonné.

Vers la fin du film, un conte raconte l’histoire des grenouilles qui malgré leurs prières ne seront pas protégées. Il en est de même des pauvres devenus des chiens errants dans les immeubles en ruine comme ceux que nourrit la femme la nuit.

Ceux qui n’ont rien, qui, pour survivre, doivent être capables de résister au froid et à la pluie (omniprésente) sont au cœur de ce magnifique film de Tsai Ming-Liang. Chaque plan est d’une puissance esthétique et narrative bouleversante rendant les dialogues inutiles. Leur puissance vient aussi de leur durée qui nous oblige à éprouver les choses, à comprendre la résistance, la fatigue, les larmes, comme le gros plan sur le visage de Lee Kang-Sheng qui chante un poème patriotique pour tenir bon face à la tempête. Un film aussi sur notre besoin de consolation. Essentiel.

Willy Durand
Taïwan, 2013
2h20

Réalisation et scénario : Tsai Ming-Liang
Photographie : Peng Jung Liao, Wen Zho Sung
Interprètes : Lee Kang-Sheng, Lee Yi-Cheng, Lee Yi-Chieh, Lu Yi-Ching, Shi Chen, Kuei-Mei Yang
Distribution : Urban Distribution

Grand Prix du Jury - Venise 2013
Critique - critikat.com
Critique - liberation.fr
Dossier - commeaucinema.com
Site du distributeur

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