Le Temps des porte plumes


Eté 1954. Après avoir été placé dans un orphelinat à la suite d’un drame familial, Pippo, 9 ans, est recueilli par Gustave et Cécile, un couple d’agriculteurs. C’est la période des travaux des champs et la perspective d’une nouvelle vie pour le petit garçon. Marqué par la vie, Pippo trébuche dans ce nouveau monde. Mais les barrières cèdent peu à peu et Pippo se construit.

Daniel Duval a mis 20 ans à concrétiser ce projet. Il y raconte un épisode clé de sa vie lorsqu’elle a brusquement bifurqué vers l’inconnu.
Précisément, à propos de son enfance, le réalisateur se remémore : « Moi, ce que je reproche le plus aux adultes de l’époque c’est qu’ils m’ont manipulé sans rien m’expliquer… Ils m’ont donné à quelqu’un sans me demander mon avis, sans me parler, sans essayer de comprendre ce que j’avais dans la tête. Je crois que c’est ça qui m’a fait le plus mal. »
Il poursuit en rendant hommage à ses parents adoptifs, surtout Gustave dont il dit : « Des images et des paroles de Gustave m’ont suivi toute ma vie. » Et il continue, affirmant que « (ses) amis étaient toujours des gens blessés. »
Pour s’en convaincre, il n’est que de ressentir les liens profonds qui unissent Pippo à Pierre Dubrac tout juste revenu de la guerre d’Indochine et à Alphonsine, cette vieille dame si attachante que le village considère comme une sorcière, sans doute parce qu’elle a gardé sa libre pensée et n’épouse pas les normes en vigueur à l’époque.
La reconstitution exacte de la vie rurale au milieu des années 50 rappellera nombre de souvenirs aux gens qui l’ont connue et montrera aux plus jeunes comment vivaient leurs aînés.
Et s’il faut encore vous convaincre de venir découvrir ce film, sachez que tous les acteurs y sont excellents, à commencer par le jeune Raphaël Katz dans lequel le réalisateur s’est complètement retrouvé.
Venez donc savourer ce film qui est qualifié par Daniel Duval de « conte pour enfant, bâti sur de la réalité. »
Ce qui est certain, c’est qu’avec Le temps des porte-plumes le réalisateur a sans doute fini d’exorciser une enfance douloureuse et à cela, personne ne peut rester indifférent.

Annick Duval
France, 2006
1h34

Réalisation, scénario, dialogues et adaptation : Daniel Duval
Musique : Vladimir Cosma
Interprètes : Jean –Paul Rouve, Anne Brochet, Annie Girardot, Raphaël Katz, Denis Podalydès, Lorant Deutsch, Mélanie Bernier, Philippe Korsand, Emylou Brunet
Distribution : TFM Distribution
Dossier - tfmdistribution.fr

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