Leviathan


C’est la nuit quelque part au milieu d’un océan. La mer, un bateau de pêche, des couleurs, des objets et des sons difficilement identifiables. Images et mouvements abstraits et magnifiques.

Impression de quelque chose relevant d’une tension, une ambiance de fin de monde, de catastrophe imminente, un danger. Rien de tout cela finalement, il s’agit, au plus près, de la remontée du filet du chalutier, du déversement des poissons sur le bateau, du tranchant des couteaux, des restes qui repartent à la mer et des mouettes qui s’en emparent, du corps des hommes sur le bateau et des dangers qui les menacent, etc.

Vision hallucinante d’un monde dont on ignore tout (même s’il y avait eu il y a quelques années un très beau précédent avec le film de Julien Samani, La Peau trouée). Après ce film, on peut dire qu’on y était, qu’on a enduré ce travail cruel, industriel, effectué dans des conditions inimaginables : la navigation, la nuit, la pluie, les sons de la mer démontée, des outils, du fer, de la rouille, et on peut même imaginer les odeurs, celles des machines et celles de l’agonie des poissons. Le film nous immerge au cœur d’une sorte d’enfer. Il faut s’accrocher mais des moments, des expériences pareilles sont extrêmement rares au cinéma. Enfin, l’esthétique du film est puissante et la froideur de l’image numérique sert le film autant que son propos. Elle rend crûment visible cet univers dantesque.

Willy Durand
France / USA, 2012
1h30

Réalisation, scénario et photographie : Lucien Castaing-Taylor, Verena Paravel
Musique : Ernst Karel
Distribution : Independencia Distribution

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