Los Salvajes


Quelque part, en Argentine, cinq adolescents s’échappent d’un centre de détention pour mineurs.

Commence alors un voyage, une fuite sans destination vraiment certaine, dans la pampa désertique. Survivant de manière de plus en plus sauvage, éliminant chaque obstacle susceptible de les embarrasser, le « groupe » se disloque peu à peu au fur et à mesure de la route et des difficultés…

Ce premier long métrage de Alejandro Fadel, qui a travaillé comme scénariste sur plusieurs films de Pablo Trapero comme Leonera, Carancho et le tout récent Elefante blanco, déroute fortement tant la démarche est singulière et inédite. De quoi s’agit-il en fin de compte ? D’un western racontant l’histoire d’une évasion et d’une fuite sombrant dans la violence, ou d’un jeu vidéo au sein duquel les protagonistes doivent éliminer tous les obstacles pour pouvoir survivre et sortir victorieux ? Pourquoi pas ! Mais ce film n’est pas un spectacle (le réalisateur a d’ailleurs choisi des acteurs amateurs dont le vécu est proche de ses personnages) et même si cela paraît improbable (quoique ?) cette histoire pourrait bien se produire aujourd’hui tant l’errance sans but et la violence apparemment gratuite peuvent être lues comme les symptômes d’une époque désoeuvrée et impitoyable pour ceux qui n’ont rien et qui les condamne à tenter de survivre par tous les moyens… La menace, la peur et les intérêts divergents n’arrangeant pas les choses et même les précipitant vers l’abîme. Il reste une autre possibilité : celle d’un parcours initiatique (le film commence par une prière et au fur et à mesure du chemin des rituels se mettent en place au sein du groupe), relevant de l’expérience religieuse, de la recherche du sacré.

Si le récit de Los Salvajes (Les Sauvages) génère tout un ensemble de questions, il est aussi un film formellement passionnant notamment pour sa mise en scène, ses décors et sa lumière. A découvrir donc...

Willy Durand
Argentine, 2012
2h

Réalisation et scénario : Alejandro Fadel
Photographie : Julián Apezteguía
Interprètes : Leonel Arancibia, Roberto Cowal, Sofía Brito, Martín Cotari, César Roldan
Distribution : Independencia Distribution

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Critique - lemonde.fr
Critique - lesinrocks.com
Dossier - commeaucinema.com
Dossier ACID
Site du distributeur

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