Celui qui revient
(Ini Avan)




Mai 2009 : le conflit qui a ravagé le Sri Lanka pendant plus d’un quart de siècle et a fait près de 100 000 victimes, s’est achevé par la victoire des forces gouvernementales sur le mouvement séparatiste des Tigres Tamouls (LTTE).

Après un séjour dans un camp de réhabilitation, un jeune ex combattant tamoul retourne dans son village. Il y retrouve la femme qu’il a aimée, et entreprend de revenir à une existence normale. Mais les haines du passé, les trafics louches et les rancoeurs sont autant de champs de mines pour celui qui revient…

A sa manière subtilement insistante, le film traite un grave sujet : comment vivre après l’apocalypse – en l’occurrence après une atroce guerre civile, qui n’a pas seulement dévasté le pays et laissé de nombreuses victimes mais empoisonné insidieusement les esprits et les cœurs des survivants. Le jeune guerillero tamoul qui revient dans son village n’est pas le bienvenu parmi les siens : ils lui imputent la responsabilité de tous leurs malheurs de vaincus. L’homme n’est pas un Tigre fanatique, il se méfie de ses anciens compagnons, reconvertis dans les mafias de la reconstruction. Mais il n’est pas non plus pour autant un repenti, il rappelle à plusieurs reprises aux villageois qui le rejettent qu’il avait pris les armes pour eux. Il entend seulement saisir la seconde chance qui lui est offerte, retrouver le fil de sa vie. Dans sa quête douloureuse mais jamais désespérée, il est accompagné, ou plutôt guidé à son insu, par trois femmes : sa mère, qui lui donne un bijou, la femme aimée, qui élève un enfant qui n’est pas le sien, et surtout – d’une façon totalement inattendue – la femme d’un autre homme dont il a pris le travail et qui devient la plus belle figure du film. Autour de ces femmes, peut-être, une nouvelle communauté se dessine.

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Hasoka Handagama



Hasoka Handagama, d’origine cinghalaise, est né en 1962 dans le Sud du Sri Lanka. Directeur de la communication à la Banque Centrale du Sri Lanka, il consacre son temps libre à des études anthropologiques et à des activités artistiques pour le théâtre, la télévision et le cinéma. Il a réalisé à ce jour 7 films, parmi lesquels : This Is My Moon (2001), Flying With One Wing (2002), A Letter Of Fire (2006, interdit au Sri Lanka) et Celui qui revient (2012). Utilisant les codes des arts populaires, et en premier lieu du mélodrame, il présente des héros qui affirment leur intégrité au cœur des conflits ethniques et sociaux qui déchirent le Sri Lanka d’aujourd’hui. Cela lui vaut une large reconnaissance populaire en même temps que des démêlés incessants avec les autorités politiques de son pays.

Antoine Glémain
Sri Lanka, 2012
1h45

Réalisation : Hasoka Handagama
Photographie : Channa Deshapriya
Musique : Kapila Poogalaarachchi
Interprètes : Subashini Balasubramaniyam, Dharshan Dharmaraj, Gregory Philip Ferminus
Distribution : Héliotrope Films

Critique - critikat.com
Dossier ACID - lacid.org
Dossier du distributeur
Site d'Asoka Handagama

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