Viennent les jours



Sur le modèle des "Livres d'heures" du Moyen Âge, le film se compose de douze scènes représentant la vie despaysans des Charentes selon les mois de l'année.

"Mon film est un reportage dans le p résent et dans le temps, qui gardera un certain charme, car il conserve la mémoire d'un mode de vie qui n'a encore guère évolué, devenant un témoignage de notre passé. On n'est pas loin encore du Moyen Âge. Certains modes de culture et la façon de vivre sont encore tels qu'il y a des milliers d'années, c'est cela qui m'a frappé d'autant que la guerre et l'Occupation ont tout figé. Dans les années 1960, tout évoluera très vite..." (Serge Roullet)

Ce film n' pas seulement un intérêt ethnographique - il est l'un des rares à montrer des paysans au travail - mais c'est l'oeuvre d'un authentique cinéaste, comme le souligne encore Michel Boujut : "Son art est dépouillé et cerne l'essentiel dans leminimalisme. Mettre en scène consiste pour lui à traduire lemonde dans un plan, non pour l'y enfermer mais pour mieux l'éclairer du dedans."

Serge Roullet

Né en 1926 dans une famille de la bourgeoisie protestante de Charente. Son père est issu de négociants en cognac, sa mère est la fille du maire de La Rochelle, Léonce Vieljeux. Il est aussi apparenté à l'écrivain Jacques Chardonne.

Son enfance protégée prend fin avec la guerre et la mort de son grand-père et de son frère aîné Yann, fusillés par les allemands au camp de concentration du Struthof. A 21 ans, il décide de devenir cinéaste et part pour New York où il rencontre Robert Flaherty, dont il est l'assistant sur Louisiana story. Après de multiples pérégrinations, il réalise plusieurs courts documentaires à la fin des années 1950 : Viennent les jours, La France à grand spectacle, Sillages (prix spécial du jury au festival de Cannes). Il rencontre ensuite Robert Bresson, qu'il assiste sur le tournage de Pickpocket et du Procès de Jeanne d'Arc, avant de réaliser lui-même plusieurs longs métrages, dont sa trilogie de la liberté : Le Mur, Benito cereno et Le Voyage étranger.

Aujourd'hui, Serge Roullet a toujours de nouveaux projets de films ; il s'occupe aussi de ses vignes, une trentaine d'hectares au pays du cognac. "Les pieds dans ses rangs de vignes, la tête dasn ses cadrages de cinéma... Serge est un extravagant, entendez celui qui a toujours été au bout de ses rêves et de ses entreprises aventureuses." 5michel Boujut)

Antoine Glémain
France, 1958
18 mn

Réalisation : Serge Roullet
Récitant : Jean Desailly
Musique : France Cagninacci et Elaine de Malherbe

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