Melancholia


A la manière d’Albrecht Dürer dans sa gravure de 1514 qui porte le même titre, Lars Von Trier met en relation dans ce film étonnant le cosmique et l’intime, les mouvements des astres et les humeurs de ses personnages.

En l’occurrence, d’une part une planète inconnue qui va entrer en collision avec la Terre, d’autre part deux sœurs, à la fois très dissemblables et très proches, Justine (Kirsten Dunst) et Claire (Charlotte Gainsbourg).

Le film se compose de deux parties distinctes. Dans la première, appelée « Justine », la jeune femme qui porte ce nom sadien se dérobe à son propre mariage, malgré tous les efforts de sa sœur pour maintenir la clarté de l’ordre familial et social. Dans la seconde, appelée « Claire », les deux sœurs se retrouvent dans l’attente de la collision planétaire, la grande catastrophe que plus rien ne peut éviter.


Melancholia de Albrecht Dürer


Le lien entre les différents moments et personnages du film et, en fin de compte, tous les êtres, est la musique de Wagner et justement, à travers elle, la mélancolie, c’est-à-dire ce sentiment ambigu qui associe, depuis Dürer et le Hamlet de Shakespeare jusqu’au romantisme allemand, le génie, la création artistique, à une tristesse existentielle, une souffrance qui met en cause les fondements de toutes choses.

Ce film éblouira les uns par sa virtuosité et ses images sublimes, il exaspèrera les autres par ses surenchères nihilistes ; il ne laissera personne indifférent.

Antoine Glémain
France / Danemark / Suède / Allemagne, 2011
2h10

Réalisation et scénario : Lars Von Trier
Photographie : Manuel Alberto Claro
Interprètes : Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Charlotte Rampling, John Hurt, Kiefer Sutherland
Distribution : Films du Losange

Prix d’interprétation féminine pour Kirsten Dunst au festival de Cannes 2011
Critique - critikat.com
Dossier - commeaucinema.com
Site du distributeur

accueil - programmations - festival reflets du cinéma - éducation au cinéma - autres projets - liens - infos pratiques