Santiago 73 - Post mortem


Santiago du Chili, septembre 1973. Mario travaille à la morgue où il est chargé des rapports d'autopsie. Sa vie semble ennuyeuse et bien réglée et il ne semble pas concerné par les évènements en cours : le coup d'état de Pinochet. Et lorsqu'il tombe amoureux de Nancy, une danseuse de cabaret, qui habite en face de chez lui, la situation politique semble encore moins exister pour lui...

Sur fond d'évènements historiques tragiques, Pablo Larrain nous propose le portrait d'un homme insignifiant et imperméable au monde qui l'entoure. Le portrait d'un fonctionnaire qui, quoi qu'il arrive, continue son travail comme si de rien n'était, mais surtout une sorte de psychopathe obsédé par une femme qu'il imagine être celle qui correspond parfaitement à celle qu'il attend. Pourtant qu'il le veuille ou non son état va empirer au fur et à mesure que les cadavres arrivent à la morgue. Et de manière très fine le réalisateur dit le choc de ce moment historique sur quelqu'un sans existence véritable. C'est remarquable.

De la même manière, Santiago 73 - Post mortem est aussi un film étonnant car avec très peu d'éléments visuels le réalisateur réussit à nous faire prendre conscience de la dimension d'horreur de ce coup d'état, comme cet unique plan pour dire le moment précis du coup d'état durant lequel nous assistons juste, au ras du sol, à l'avancée d'un char dans une rue du centre ville.

Willy Durand
Chili, 2010
1h40

Réalisation : Pablo Larrain
Scénario : Pablo Larrain, Mateo Iribarren
Photographie : Sergio Armstrong
Musique : Juan Cristobal Meza
Interprètes : Alfredo Castro, Antonia Zegers, Jaime Vadell, Amparo Noguera, Marcelo Alonso, Marcial Tagle
Distribution : Memento Films Distribution

Critique - lemonde.fr
Critique - zerodeconduite.net
Dossier - commeaucinema.com
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