Armadillo


Pendant six mois, en 2009, le documentariste Janus Metz a suivi un groupe de jeunes Danois engagés pour combattre en Afghanistan. Le résultat : un vrai film de guerre, magistral et terrifiant - et un choc politique dans le pays.

Au Danemark, l'une des nations les plus favorables à l’intervention en Afghanistan, Mads, Daniel, Rasmus, Kim et d’autres jeunes gens comme les autres décident de s’engager : Janus Metz filme leur préparation, leurs adieux à leurs familles et à leurs fiancées (fierté, émotion, gravité), et leur arrivée sur une base militaire avancée de l’OTAN, le camp Armadillo.

Ensuite, c’est le quotidien de l’attente et des opérations, filmé sans interview ni voix off, avec une photographie très travaillée (même quand les images sont celles de mini-caméras fixées sur les casques des soldats), une bande son oppressante - une proximité et une prise de risques de la part de l’équipe de tournage qui distinguent radicalement ce film des reportages embarqués, sécurisés et finalement déréalisants, auxquels la télévision nous a peu à peu habitués.

Premiers contacts, dans le malentendu le plus total, avec la population afghane qu’on est « venu protéger » mais qui se retrouve la principale victime de l’intervention - premiers accrochages, premiers blessés, dans la peur et l’horreur d’abord, puis dans l’excitation et le trouble désir d’y retourner - débriefings laborieux, coups de fil aux familles, moments de détente « virile » - écart et confusion entre le virtuel des jeux vidéos guerriers et de l’imagerie militaire high-tech, et le réel du danger, de la peur, des blessures, des bavures, du pouvoir de tuer… et de ce qui, un jour, ressemble vraiment à un crime de guerre. Chacun à sa façon, ces jeunes gens en quête d’aventure ou de dépassement vont « devenir des hommes » en devenant de « vrais soldats ». Et ils devront désormais vivre avec.

Premier documentaire sélectionné à Cannes par la Semaine Internationale de la critique depuis qu’elle est devenue compétitive en 1990, Armadillo en a décroché le Grand Prix en mai 2010. Au même moment, sa sortie sur les écrans au Danemark déclenchait un vif débat sur la participation du pays à la guerre et sur l’action sur place de son armée…

Alain Le Foll
Danemark, 2010
1h30

Réalisation : Janus Metz
Photographie : Lars Skree
Musique : Uno Helmersson
Montage : Per K. Kirkegaard
Distribution : DistriB Films
Critique - critikat.com
Critique - telerama.fr
Dossier - commeaucinema.com
Site du distributeur

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