Amadeus


Novembre 1823, un vieil homme ensanglanté clame dans la nuit : « Pardonne, Mozart, pardonne à ton assassin ». Transporté à l’hôpital, Antonio Salieri, jadis musicien officiel de la Cour de l’Empereur d’Autriche Joseph II, confesse à un prêtre tout ce qui l’a opposé à Mozart de 1781, date de son arrivée à Vienne, à sa mort en 1791.

L’élément central du rejet/attrait de Salieri pour Mozart est fondé sur une interrogation : comment Dieu a-t-il pu se servir de ce jeune homme frivole et vulgaire pour dicter sa musique, alors que lui, Salieri, qui a voué sa vie à Dieu dès son enfance, n’a rien reçu en échange ? D’où le titre de l’œuvre de Milos Forman et Peter Shaffer, Amadeus, qui n’est pas une véritable biographie de Mozart, mais un double portrait du génie et de la médiocrité (quitte à prendre des distances avec la vérité historique).

Ce film, c’est d’abord une œuvre cinématographique qui raconte une histoire pleine de péripéties, où le tragique côtoie le burlesque, où les fastes de la Cour s’insèrent dans de petites scènes de la vie familiale (légère ou difficile) de Mozart. Le décor des rues et des bâtiments de Prague au début des années 1980 évoque la Vienne de la fin du XVIIIe siècle, peu de scènes sont tournées en studio hors de l’appartement des Mozart. Les costumes flamboyants, les scènes de fête ou d’opéra sont reconstituées avec minutie.

Les acteurs sont tous remarquables et F. Murray Abraham donne chair a un Salieri tourmenté et calculateur, Tom Hulce à un Mozart parfois grotesque (son rire par exemple), terriblement émouvant sur la fin de sa vie, mais entièrement tourné vers sa musique.

Et, c’est là l’extraordinaire réussite, la musique est au cœur du film. Toutes les grandes (et moins grandes) œuvres de Mozart s’insinuent dans le récit avec légèreté. Elles n’illustrent pas le film, elles en font partie intégrante. Les enchaînements musicaux sont d’une grande subtilité. Le travail fait par John Strauss est absolument remarquable : les enchaînements musicaux sont d’une grande subtilité (des vocalises se transforment en air d’opéra, un air de Salieri est l’occasion de suggérer plusieurs compositions de Mozart...)

Une fusion magistrale de la musique et du cinéma. Trois heures de pur plaisir.

Jean-Yves Roy
USA / Argentine, 1984
3h

Réalisation : Milos Forman
Scénario :Peter Shaffer, d’après sa pièce Amadeus
Photographie : Miroslav Ondricek
Musique : Wolfgang Amadeus Mozart, Johann Sebastian Bach, Antonio Salieri, John Strauss
Interprètes : F. Murray Abraham, Tom Hulce, Elizabeth Berridge, Simon Callow, Roy Dotrice, Christine Ebersole, Jeffrey Jones, Charles Kay, Kenny Baker, John Strauss
Distribution : Gaumont

__________


Séance unique au Cinéma Le Vox de Mayenne jeudi 10 juin 2010 à 14h30 (Entrée : 5 €)

Cette séance s’inscrit dans le cycle de conférences sur Mozart de l’Université du Temps libre en Haute Mayenne. Didier Pilon, animateur de ces conférences, présentera le film.

Une coproduction Université du Temps libre en Haute Mayenne, cinéma Le Vox et Atmosphères 53.
Dossier - abc-lefrance.com

accueil - programmations - festival reflets du cinéma - éducation au cinéma - autres projets - liens - infos pratiques