Ajami


Drames et destins croisés à Jaffa, dans le quartier populaire d’Ajami, le dernier où les Arabes sont encore majoritaires dans cette ville ancienne rattachée depuis 1950 à Tel Aviv.

Omar et son jeune frère Nasri sont en danger depuis que leur oncle a tiré sur un membre d’un autre clan arabe : il faut trouver un arrangement pour mettre fin aux menaces de représailles. Malek, un jeune Palestinien de Cisjordanie, travaille clandestinement en Israël pour payer l’opération que sa mère doit subir. Dando, un policier juif veut retrouver et venger son frère, disparu dans les « territoires occupés ». Ces histoires vont se rejoindre et rencontrer celles d’autres personnages encore…

Violence, règlements de comptes, rapports sociaux traditionnels et aspiration à la modernité, clivages communautaires et liens amoureux qui les dépassent, racisme, oppression, chômage et drogue, peur et haine… Les réalisateurs de ce « thriller aux allures de reportage » ont voulu s’intéresser avant tout à l’aspect humain de ces histoires, à l’ambivalence tragique qui les traverse : c’est leur façon de « traiter les grands problèmes qui sont derrière », tous « générés et gouvernés par la politique » et par l’Histoire.

L’un juif et l’autre palestinien, tous deux originaires de Tel Aviv-Jaffa, Yaron Shani et Scandar Copti se sont rencontrés au Festival du film étudiant de Tel Aviv. Après plusieurs années de travail sur le scénario, ils se sont immergés dans le quartier d’Ajami et y ont animé pendant dix mois des ateliers avec plus de 300 de ses habitants. C’est parmi eux qu’ils ont choisi les acteurs de ce film interprété au plus près du vécu et construit de manière virtuose comme un fascinant puzzle.

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2009, où il a obtenu une mention spéciale de la Caméra d’or (prix récompensant le meilleur premier film), Ajami a raflé en septembre cinq Ophirs (les équivalents israéliens des Césars, qui avaient récompensé en 2007 La Visite de la fanfare, et en 2008 Valse avec Bachir) : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur montage et meilleure musique. Il était « nominé » aux Oscars 2010 pour le prix du meilleur film étranger.

« La plus grande réussite du film n’a pas été sa nomination aux Oscars - dit cependant Scandar Copti, le co-réalisateur palestinien d'Ajami - mais le fait qu’il ait attiré 200 000 personnes dans les salles de cinéma en Israël. Quand, après soixante-deux ans de déshumanisation, un Juif s’identifie à un personnage palestinien, quand il pleure lorsque l’Arabe pleure, rit lorsqu’il rit et finalement vit la vie de ce personnage, c’est cela la chose la plus importante pour moi. Nous voulions simplement faire un film qui puisse ouvrir les yeux des gens, comme dit Nasri à la fin du film ». (Interview à Haaretz, 25 mars 2010)

Alain Le Foll
Israël, 2009
2h15

Réalisation et scénario : Scandar Copti et Yaron Shani
Photographie : Boaz Yehonatan Yacov
Musique : Rabiah Buchari
Interprétes : Fouad Habash, Nisrine Rihan, Elias Saba,Youssef Sahwani, Abu George Shibli, Ibrahim Frege, Scandar Copti, Shahir, Eran Naim
Distribution : Ad Vitam
Analyse - cineclubdecaen.com
Critique - critikat.com
Critique - lemonde.fr
Critique - lesinrocks.com
Dossier - commeaucinema.com
Entretien (Scandar Copti) - haaretz.com
Page facebook du film
Site du distributeur

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