Art Vidéo | Animation | Expérimentations



Abécédaire | Introduction

Un abécédaire de la création vidéographique française, c’est forcément très subjectif, un point de vue parmi beaucoup d’autres. Un regard en 26 propositions mêlant de la danse, du documentaire de création, de l’animation, de la performance, et des œuvres plastiques. Un choix composé à partir d'artistes et d'œuvres qui ont eu un véritable impact et continuent de résonner aujourd’hui. Évidemment, nous avons joué avec la règle pour arriver au bout de l’alphabet, certaines œuvres étaient trop longues pour être prises en considération, d'autres œuvres étaient tournées en film, et beaucoup d’artistes avec des noms commençant avec un B, un G, …

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Programme :

- A pour Jean-Christophe Averty - Ubu Roi (1965 / Extrait)

La mise en scène et la réalisation pour la télévision de Ubu Roi ou Les Polonais sont le premier hommage rendu par Jean-Christophe Averty à l'écrivain Alfred Jarry (1832-1907). Par cette création électronique le réalisateur affirme l'inscription de son parcours dans la pataphysique, la "science des solutions imaginaires", qu'Alfred Jarry fait naître dans Ubu Roi.

- B pour Neil Beloufa - Kempinski (2007 / 15 min)



Bienvenue à Kempinski, un lieu mystique, magique et animiste que son peuple, émergeant de l'ombre, des lampes fluorescentes à la main, va nous présenter.

- C pour Robert Cahen - Montenvers et mer de glace (1987 / 9 min)



Vidéo-promenade. Par une belle journée d'été, de paisibles touristes prennent le petit train à la crémaillère du Montenvers qui mène à la Mer de glace...

- D pour Clorinde Durand - Naufrage (2008 / 6 min)



Naufrage inventorie des hantises : la narration se fige sur l’instant arrêté. Naufrage raconte pourtant quelque chose. De quoi s’agit-il ? On ne sait pas... peut-être d’un accident, d’une dépression, d’une explosion ?

- E pour Cie L’Esquisse, dirigée par les chorégraphes Joëlle Bouvier et Régis Obadia - L’Etreinte (1988 / 7 min)

Sur un sofa, une femme se cambre et se jette dans les bras de son partenaire. Conçue pour être projetée lors des spectacles, cette étreinte, filmée au ralenti, est certainement le meilleur emblème du travail de l'Esquisse. Un geste simple qui se répète, une conviction brutale dans le mouvement et une image des rapports homme femme empreinte de violence sensuelle et destructrice.

- F pour Mounir Fatmi - L'Alphabet rouge (1994 / 13 min)



Une vidéo dédiée à l'artiste-peintre Saladi où la complexité de son alphabet rouge a nécessité l'utilisation de nombreuses techniques numériques et analogiques, ainsi qu'une recherche approfondie sur la bande sonore.

- G pour Jean-François Guiton - Holzstücke (1982 / 6 min)



Une structure de bois est en attente d'un impossible équilibre. Guiton saisira l'instant de l'échec de cette entreprise, le moment foudroyant de la destruction constamment suspendu par des séquences répétitives. Il invente ainsi un statut "respiratoire" ou " frénétique" à la sculpture.
Marc Mercier

- H pour Pierre Huyghe - The Third Memory (2000 / 11 min)



En 1975, Sydney Lumet tourne Dog Day Afternoon, avec Al Pacino, d’après un fait divers. Trois ans plus tôt, le hold-up perpétré en plein Brooklyn par John Wojtowicz et son complice avait tenu l’Amérique entière en haleine, devenant très vite une gigantesque farce médiatique. Quelque trente ans plus tard, Pierre Huyghe a demandé à ce même John Wojtowicz de remettre en scène le "véritable" hold-up.

- I pour IAT (Anne Cleary et Denis Connoly) - Scènes de boulevard (2002 / Extrait)

IAT se consacre essentiellement au Boulevard par une approche multiforme, inspirée de l’environnement urbain qui les entoure. Ce projet a été diffusé mondialement à travers une série d’expositions et de projections internationales qui se poursuivent aujourd’hui.

- J pour Michel Jaffrennou - Vidéoperette (1989 / Extrait)



Une fantaisie électronique sur l'air du temps. De l'homme de Cromagnon au zappeur issu de notre société de communication, autant d'événements qui ont marqué le tempo.

- K pour Bouchra Khalili - Mapping Journey #2 (2008 / 3 min)



Mapping Journey #2 s'attache à la trajectoire d'un jeune Tunisien parti des côtes lybiennes pour Marseille, via Lampedusa, Bari, Naples ... À Marseille, il ne rêve que d'une chose : "faire ses papiers et surtout revoir sa mère".

- L pour Pascal Lievre - Marie (2007 / 4 min)



Un tableau représentant le Christ sur la croix devient le réceptacle d’une animation : la bouche du messie s’anime pour chanter le tube de Johnny Hallyday Marie.

- M pour Valérie Mréjen - Chamonix (2002 / 13 min)



Face à la caméra, neuf personnages racontent chacun un souvenir.

- N pour No Sex Last Night et Sophie Calle - Double-Blind (1992 / Extrait)



En 1992, Sophie Calle et celui qui pourrait être son amant, Greg Shephard, traversent les États-Unis en voiture, caméra au poing, pour un film à deux voix. Ce "road movie", qui devait être l’occasion de retrouvailles – et se finira d’ailleurs par un mariage de pacotille – est en fait marqué par l’impossibilité du dialogue, et se donne davantage comme un voyage au cœur du désabusement amoureux.

- O pour Orlan - MesuRAGES d’Institutions (1977, 14min)

Dans une série de performance de MesuRAGES datant de 1977, Orlan, évaluant la place que chaque lieu urbain et architectural laisse à l’individu, mesure son corps à l’institution (le Centre Pompidou) et inscrit métaphoriquement son corps de femme - qui lui fournit son unité de mesure, l’ORLAN-Corps- face au monde de l’art.

- P pour Jean-Gabriel Périot - Eut-elle été criminelle (2006 / 10 min)



France, été 1944, à la Libération. Après la fin de la seconde guerre mondiale, les femmes accusées d'avoir entretenu des relations avec des soldats allemands durant la guerre sont publiquement châtiées...

- Q pour Quintessencié et Jean-Louis Le Tacon - Waterproof (1986 / 26 min)



La scène est devenue eau, les danseurs, amphibies. Les corps évoluent, comme en apesanteur, sur une chorégraphie composée de manipulations subtiles et inspirée par les nouvelles sensations d'un espace modifié.

- R pour Eve Ramboz - L’Escamoteur (1991 / 13 min)



Devant L'Escamoteur, tableau célèbre de Jérôme Bosch, Eve Ramboz se prend à rêver. Soudain, hommes, plantes, arbres, rivières, poissons, tous les motifs s'animent dans l'espace du tableau, pour une promenade muette, tours et détours d'une poésie surréaliste.

- S pour Pierrick Sorin - Réveils (1988 / 5 min)



Un personnage, l'auteur lui-même, met en place un dispositif qui lui permet de se filmer, chaque matin, dès les premiers instants de son réveil. À chaque fois il déclare, prenant à témoin la caméra, qu'il est bien fatigué et qu'il se couchera plus tôt la prochaine fois.

- T pour Pierre Trividic - Réflexion sur la puissance motrice de l’amour (1989 / 11 min)



La chaleur fournie par l'Esprit Saint est l'Amour (ici celui de Dieu, parfaitement pur). Le corps de Marie est froid parce qu'il n'a jamais reçu d'amour (elle est vierge). L'Esprit Saint porte donc la température de la Vierge à son point d'ébullition. Dès lors, elle est en mesure de produire le véhicule de la chaleur dont elle a été saturée, c'est à dire Jésus, équivalent, ici, de la vapeur. Tels sont les préceptes de base de l'Église Thermo-Évangélique, somptueusement illustrés ici.

- U pour Under Construction de Zhenchen Liu - Under Construction (2007 / 10 min)



Pour suivre la planification moderne du gouvernement et des promoteurs immobiliers, chaque année, à Shanghai, il y a presque mille familles qui sont obligées de déménager, parce que leur maison est détruite. Ce film est une représentation plastique et graphique de ma sensation de témoin de la destruction.

- V pour Vidéoclip : Joga de Michel Gondry avec Bjork (1997 / 3 min)

« J’ai réalisé plusieurs expérimentations musicales avec différents rythmes pour essayer de reproduire le bruit d’un volcan. Avec cette chanson, je parviens à une sorte d’hymne national ou plutôt chant classique Islandais très romantique et fier. »

- W pour Bob Wilson - Mr Bojangles Memory Og Son of Fire (1991 / 8 min)

Ce voyage dans les souvenirs de Mr. Bojangles met en relation des éléments hétérogènes qui forment un univers où l'on croise un aviateur, un enfant, une grosse femme qui joue à un drôle de base-ball, une autre qui dérive dans l'espace, une autre encore qui fait des cauchemars.

- X pour XX et Danielle Jaeggi - Sorcières-Camarades (1971 / 10 min)

Un film sur les femmes / Un film par des femmes / Un film pour les femmes / Avec une caméra d’homme. Un jour des femmes verront ces images de notre triste survie et se demanderont comment nous avons pu la supporter.

- Y pour Yann Beauvais - Still Life (1997 / 12 min)



Still Life est simultanément en français et en anglais. La position des langues n’étant pas fixe, elle induit des ruptures qui cassent ainsi le temps de la lecture.

- Z pour Zbigniew Rybczynski - L’Orchestre (1990 / Extrait)



À l’origine de L’Orchestre, six morceaux de musique classique célèbres. Chacune de ces musiques, "Zbig" va les mettre en images comme un homme de théâtre met en scène un texte ou son acteur favori - tantôt chef d'orchestre, tantôt magicien.
France, 2010
1h30

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