La Vie et rien d'autre




6 novembre 1920 : Irène, une bourgeoise, recherche son mari, fils d'un sénateur, disparu sur le front. Alice, jeune institutrice, renvoyée de l'école suite au retour du titulaire, cherche, elle, son fiancé. Ces deux femmes vont se croiser, se lier d'amitié et rencontrer le commandant Dellaplane chargé de dénombrer et d'identifier les morts de la guerre sans sépulture. Dellaplane, Philippe Noiret magistral, officier bourru, mal vu d'une hiérarchie plus soucieuse des honneurs que du souvenir, semble obsédé par son travail (une croisade) de décompte des disparus. (Sur 350 000 seuls 100 000 ont été identifiés.)

L'officier doit aussi fournir la dépouille d'un soldat « surtout » français pour la cérémonie du 10 novembre dans le fort de Verdun où va être choisi le soldat inconnu. « Ils en ont fait tuer 1 500 000 et maintenant on ne pensera plus qu'à celui-là. »

Tavernier souhaitait « un film non pas sur la mort mais sur la renaissance, un film sur l'apprentissage de la paix, sur la nécessité de préserver la mémoire ». Grâce à un scénario magnifiquement écrit - montrer non pas la guerre mais ses conséquences -, formidablement documenté et l'utilisation de lieux détournés (un bijou d'architecture industrielle transformé en hôtel, un théâtre à l'italienne en bureaux…) il réussit une œuvre foisonnante, romanesque, bourrée d'émotions, parsemée de bouffonnerie, où l'on s'attache à l'évolution des personnages. Un film où planent les morts mais tourné vers la vie, la vie et rien d'autre.

Bertrand Tavernier



Bertrand Tavernier interrompt ses études de droit pour se consacrer au cinéma. Au début des années 60 il devient l'attaché de presse de Georges de Beauregard, ce qui lui permet de réaliser deux sketches pour Les Baisers (1963) et pour La Chance et l'amour (1964). Les 10 années suivantes sont consacrées à l'écriture de scénarios. Avec L'Horloger de Saint-Paul (1974), il s'affirme d'emblée comme un réalisateur de talent. Viennent ensuite Que la fête commence (1975), Le Juge et l'assassin (1976), Des enfants gâtés (1977), La Mort en direct (1979), Coup de torchon (1981), La Passion Béatrice (1987), La Vie et rien d'autre (1989), L'Appât (1995), Capitaine Conan (1996), Laissez-passer (2000), Holy Lola (2003), et Dans la brume électrique (2007).

Jacqueline Bessin
France, 1989
2h15

Réalisation : Bertrand Tavernier
Scénario : Jean Cosmos, Bertrand Tavernier
Photographie : Bruno de Keyzer
Musique : Oswald D'Andrea
Interprètes : Philippe Noiret, Sabine Azéma, Pascale Vignal, Maurice Barrier, François Perrot, Jean-Pol Dubois, Daniel Russo, Michel Duchaussoy, Arlette Gilbert
Distribution : Tamasa Distribution
Bertrand Tavernier (entretien) - lumiere.org
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