Une vraie jeune fille




Août 1963 dans les Landes. Alice, une adolescente d’une quinzaine d’années, vient passer les grandes vacances chez ses parents. Esseulée, entre une mère frustrée et un père grossier, elle épanche dans son journal intime ses états d'âme et les troubles qu’engendre sa sexualité. L’arrivée du jeune et beau Pierre-Évariste Renard alias « Jim », le nouvel employé de la scierie de son père, exacerbe ses désirs. Alice va s’employer à le séduire, ayant décidé qu’il sera son premier amant.

Premier film de Catherine Breillat, et adaptation de son quatrième roman Le Soupirail, Une vraie jeune fille est un film d'une liberté et d'une crudité peu communes dans le cinéma français. Il mêle sans détour le quotidien estival d'Alice à ses rêveries et fantasmes érotiques plus ou moins choquants. Catherine Breillat ose montrer ce qui fait généralement l'objet d'une réprobation discrète, la sexualité féminine. Elle le fait à sa manière, une manière provocante, pornographique, pas toujours très belle à regarder. La bande originale composée par Catherine Breillat et Mort Schuman offre un contrepoint amusant à ce que vit Alice. L'ensemble peut paraître daté mais on ne peut nier l'originalité du propos et l'intensité de ce qui est mis en scène.

Un film-Gorgone « qui aspire le regard tout en donnant envie de détourner les yeux », comme l’écrit Frédéric Bonnaud dans Les Inrockuptibles.

Catherine Breillat



Catherine Breillat publie son premier roman à 17 ans. Après une expérience d'actrice dans Le Dernier Tango à Paris (1972) de Bernardo Bertolucci, elle adapte son troisième roman avec Une vraie jeune fille (1976). Le film est interdit en France jusqu'en 2000. Elle ne cesse d'analyser, avec un attachement farouche à sa liberté d'auteur, les rapports de force entre hommes et femmes, les tabous de la morale judéo-chrétienne et la métaphysique de la jouissance sexuelle. Elle tourne ensuite Tapage nocturne (1979) puis se consacre à l'écriture pendant 9 ans. Viennent ensuite 36 fillette (1987), Sale comme un ange (1990), Parfait amour (1995), Romance (1998), À ma sœur (2000), Sex is comedy (2001), Anatomie de l'enfer (2003), Une vieille maîtresse (2006).

Armelle Pain
France, 1976
1h35

Réalisation et scénario : Catherine Breillat
Photographie : Pierre Fattori
Musique : Mort Schuman
Interprètes : Hiram Keller, Charlotte Alexandra, Bruno Baly, Rita Meiden
Distribution : Rezo Films

Interdit au moins de 16 ans

Catherine Breillat - cineclubdecaen.com
Critique (Mona Chollet) - peripheries.net
Critique - lesinrocks.com
Critique - objectif-cinema.com

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