Sans soleil




Des lettres d'un cameraman fictif, Sandor Krasna, sont lues par une femme inconnue (la voix de Florence Delay dans la version française du film). Parcourant le monde, Krasna demeure cependant attiré par ces deux « pôles extrêmes de la survie », le Japon et l'Afrique, plus particulièrement, la Guinée Bissau et les îles du Cap Vert. Le cameraman s'interroge sur cette représentation du monde dont il est en permanence l'artisan, et le rôle de la mémoire qu'il contribue à forger…

Sans soleil déjoue tout résumé. Il combine à un texte d’une haute tenue littéraire toutes sortes d’images, de lieux, d’époques, de portées et statuts très différents (au générique, Chris Marker n’est pas crédité à la réalisation, mais à la « composition » et au « montage »). Il ne tente rien moins que de retracer, sur un mode poétique, le fonctionnement de la mémoire au terme d’un siècle de catastrophes.

« Les outils de base pour [ce film] étaient littéralement à la portée de n’importe qui. Je n’en tire pas une sotte gloriole, seulement la conviction qu’aujourd’hui, avec en plus l’ordinateur et les petites caméras DV, hommage involontaire à Dziga Vertov, un cinéaste débutant n’a aucune raison de suspendre son destin à l’imprévisibilité des producteurs ou l’arthritisme des télévisions, et qu’en suivant ses idées, ou ses passions, il verra peut-être un jour ses bricolages élevés au rang de DVD par des gens sérieux. » (Chris Marker)

Chris Marker



Licencié de philosophie, Chris Marker parcourt le monde pour l'UNESCO. En 1952, il propose un regard neuf sur les Olympiades avec un documentaire sur les Jeux Olympiques d'Helsinki, Olympia 52. Il invente le documentaire subjectif : le texte a autant d'importance que l'image. En 1953, il réalise avec Alain Resnais Les Statues meurent aussi. Viennent ensuite Dimanche à Pékin (1956), Lettre de Sibérie (1958), Description d'un combat (1960). Avec ces films, Chris Marker se fait le témoin des changements dans le monde. Après Le Joli mai (1963), il se lance dans la science-fiction avec La Jetée (1963). Avec Le Fond de l'air est rouge (1977), il se fait ethnologue, historien, sociologue. Puis revient avec Sans soleil (1982), AK (1984), Level Five (1996).

Antoine Glémain
France, 1983
1h40

Composition : Chris Marker
Scénario : Chris Marker (Sandor Krasna)
Photographie : Chris Marker (Sandor Krasna)
Narration : Florence Delay
Musique : Chris Marker (Michel Krasna)
Montage : Chris Marker
Distribution : Tamasa Distribution
Chris Marker - cineclubdecaen.com
Chris Marker - editionspapiers.fr
Chris Marker - site-image.eu
Critique - lesinrocks.com
Dossier - abc-lefrance.com
Dossier pédagogique CNC - site-image.eu
La fin d’un monde. A propos de Sans soleil, de Chris Marker (Johanne Villeneuve, 20 p.) - erudit.org (Cinémas XIII-3 / 2003)
Le texte intégral du film
Site pédagogique - ac-nancy-metz.fr
Sur Sans soleil et La Jetée - dvdclassik.com

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