Suzanne Simonin, La Religieuse de Diderot
(La Religieuse)




Les deux sœurs de Suzanne Simonin ont été richement dotées. Leur père n'a plus les moyens d'en faire autant pour Suzanne qui, de plus, n'est pas sa fille. La solution, au XVIIIe siècle, était simple, expéditive : mettre l'enfant mal-aimée au couvent. Suzanne refuse de prononcer ses vœux, mais nul ne l'entend et elle se retrouve, contre son gré, au couvent de Longchamp que dirige Mme de Moni. Cette dernière convainc la jeune fille d'accepter son destin et de prononcer ses vœux. Mais, après la mort de la Supérieure, Mère Sainte Christine impose une discipline de fer. Elle enferme Suzanne dans sa cellule et pour faire échec à sa tentative de résiliation de ses vœux, affirme qu'elle est possédée du démon. Innocentée, Suzanne est transférée au couvent d'Arpajon où règne au contraire une totale liberté instaurée par la supérieure, Mme de Chelles.

Le film de Jacques Rivette est une adaptation d’un roman classique, où Diderot dénonçait les travers de la vie conventuelle. Alarmées d’un tel projet, certaines congrégations religieuses ont obtenu en 1966 l’interdiction du film. Avec le recul du temps, il apparaît clairement que le propos de Rivette n’est en rien polémique. Le parfum du scandale a disparu, mais il reste une œuvre forte, singulière, une interrogation sur les relations que l’art entretient avec le sacré et avec l’histoire.

« Je ne connais pas de grands films qui ne soient aussi le récit d’itinéraires spirituels. » (Jacques Rivette)

Jacques Rivette



A Paris, Jacques Rivette fréquente la Cinémathèque où il rencontre Éric Rohmer, Jean-Luc Godard et François Truffaut. Il devient ensuite critique aux Cahiers du cinéma. Considéré comme le cinéaste de l'expérimentation de la Nouvelle Vague, il est longtemps resté en marge. Son premier film, Paris nous appartient (1958), contient déjà les principales lignes de force de son cinéma. Viennent ensuite, La Religieuse (1965), Céline et Julie vont en bateau (1973) et Le Pont du Nord (1980). Il réalise ensuite des films d'accès plus aisé comme La Belle Noiseuse (1990) et Jeanne la Pucelle (1993). En 1995, Rivette change de cap avec une comédie musicale, Haut bas fragile, puis Secret Défense (1997), Va Savoir ! (2000), Ne touchez pas à la hache (2007), et enfin 36 vues du Pic Saint-Loup (2008).

Antoine Glémain
France, 1966
2h15

Réalisation : Jacques Rivette
Scénario : Jacques Rivette, Jean Gruault, d’après le roman de Denis Diderot
Photographie : Alain Levent
Musique : Jean-Claude Eloy
Interprètes : Anna Karina, Liselotte Pulver, Micheline Presle, Francine Bergé, Francisco Rabal
Distribution : Tamasa Distribution
Entretien (vidéo, 6 min.) - ina.fr
Jacques Rivette - cineclubdecaen.com
La censure du film - terresdefemmes.com

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