Nocturnes pour le roi de Rome




Appelé par le roi pour lui composer huit nocturnes, un vieux compositeur allemand est reçu à Rome. Mais le souvenir de sa femme morte dans cette ville des années auparavant, auquel s’ajoutent les fantômes de la guerre pendant laquelle il naquit, l’empêchent de composer quoi que soit. Il voit maintenant que la Ville éternelle, qu'il a tant aimée malgré les intempéries, aura été sa dernière destination sur cette terre, le visage de sa femme bien-aimée et la musique de Mozart les dernières joies de sa vie.

Jean-Charles Fitoussi a utilisé une caméra de téléphone portable pour tourner ce film. Cela génère un type d'écriture particulièrement singulier mais, avant tout, et c'est ce qui est le plus marquant quand on découvre le film, on se rend compte qu'il s'agit d'un choix esthétique qui colle parfaitement à cette étrange histoire. L'image est floue, un peu comme quand on regarde au travers d'une vitre dépolie. Les formes sont indistinctes mais néanmoins reconnaissables, les couleurs passées mais vives en même temps. Tout cela, mais aussi la musique, qui est essentielle au film, nous plonge dans une sorte de rêve, un univers imaginaire au sein duquel apparaissent des personnages fantomatiques comme dans la séquence centrale du ballet mais aussi le visage grave d'un enfant qui revient plusieurs fois comme pour nous signifier que quelque chose de tragique se joue ici pour le compositeur.

Jean-Charles Fitoussi



Après des études de philosophie, Jean-Charles Fitoussi signe un court métrage intitulé Aura été (1994), puis devient l'assistant de Christian Merlhiot (Les Semeurs de peste, 1995) et du duo Jean-Marie Straub / Danièle Huillet (Du jour au lendemain, 1996). Il réalise ensuite D'Ici-là (1995-1997), un essai cinématographique sur le temps puis, en 2001, son premier long métrage, intitulé Les Jours où je n'existe pas suivi en 2003 de Le Dieu Saturne. En 2005, il réalise avec un téléphone portable Nocturnes pour le roi de Rome dans le cadre d'une résidence à la Villa Médicis à Rome, puis Je ne suis pas morte en 2008 et Espoir pour les générations futures en 2009.

Willy Durand
France, 2005
1h10

Réalisation : Jean-Charles Fitoussi
Distribution : Pointligneplan

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Entretien avec Jean-Charles Fitoussi ici.
Critique - humanite.fr
Critique - liberation.fr
Entretien - pointligneplan.com
L'Opus 6 de Jean-Charles Fitoussi (Clément Rosset) - pointligneplan.com
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