Veillées d’armes




Ce documentaire polyphonique dresse le portrait d’un métier, celui des reporters, photographes et autres envoyés spéciaux et de ce qu’ils estiment être leur rôle et leur devoir, par le biais d’un moment précis (le siège de Sarajevo en 1992) correspondant à celui où le film a été tourné. Ophuls effectue certains détours par d’autres périodes de l’Histoire (la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale, le déclenchement de la première avec l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand) ou d’autres évènements liés à l’actualité (la première guerre du Golfe). Il utilise également des extraits de films hollywoodiens et ceux issus des films de son père, Max Ophuls.

Au-delà de l’enquête sur le journalisme de guerre, le film développe une puissante réflexion sur l’image, en ne manquant pas d’interroger une photographie mythique (celle de Robert Capa pendant la guerre civile en Espagne en 1936 : « Mort d'un soldat républicain »), qui a servi de modèle à beaucoup d’autres. Contrairement à ce que laisse croire l’information-spectacle, une image ne prouve jamais rien, elle n’est pas le réel même, mais un regard sur la réalité qui demande toujours à être interprété – ce que fait le film de Marcel Ophuls, de la manière la plus drôle, la plus cruelle et la plus accomplie.

Un film aux sujets multiples (on y croise la guerre d’Espagne et celle du Golfe, les studios de TF1 et ceux de Sarajevo, les grands reporters et les jeunes loups, etc.), à la réalisation brillante (de nombreux et judicieux extraits de films de fiction parsèment les images de reportage).

Marcel Ophuls



Marcel Ophuls abandonne des études de philosophie pour devenir l'assistant de Julien Duvivier et de son père Max sur Lola Montès (1955). Il travaille à la télévision allemande puis réalise deux comédies : Peau de banane (1963) et Feu à volonté (1965). Mais c'est le scandale de Le Chagrin et la pitié (1971) qui le rend célèbre. Il poursuit avec un film sur le procès de Nuremberg (The Memory of justice, 1976) et avec un rigoureux document sur le procès du criminel de guerre Klaus Barbie (Hôtel Terminus, 1988). Il signe ensuite Veillée d'armes, histoire du journalisme en temps de guerre (1995). L'œuvre de Marcel Ophuls révèle non seulement un témoin patient et obstiné, mais aussi un cinéaste inventif qui brise les conventions du genre.

Antoine Glémain
France, 1994
3h45

Réalisation et scénario : Marcel Ophuls, assisté par Laurent Cantet et Dominik Moll
Photographie : Pierre Boffety, Pierre Milon
Distribution : Tamasa Distribution
Analyse - etcaeteraprod.org
Dossier - abc-lefrance.com
Entretien - Libération (2001)
Marcel Ophuls - humanite.fr
Marcel Ophuls : documents (en français, en anglais) - marcelophulsdocs.blogspot.com

accueil - programmations - festival reflets du cinéma - éducation au cinéma - autres projets - liens - infos pratiques