Ce vieux rêve qui bouge




Jacques, un technicien spécialisé, débarque dans une usine à la campagne. L’usine va bientôt fermer et le gros du matériel a déjà été déménagé. Jacques a juste été embauché pour démonter une dernière machine. Les ouvriers continuent à venir à l’usine, mais ne travaillent plus. Entre eux, ils discutent inlassablement de l’avenir et surtout du manque d’avenir. Un vieil ouvrier sympathise avec lui tandis que les autres, entre fascination et rejet, l'observent. Mais Jacques est terriblement attiré par le contremaître de l’usine. Il le lui fait comprendre et l’autre est loin de rester insensible. Ils finissent même par s’embrasser mais leur relation est ambiguë...

Ce vieux rêve qui bouge n'est pas un film social dans le sens où il s'agirait pour le réalisateur de mettre en scène une fermeture d'usine avec des ouvriers en lutte en cherchant à dénoncer le libéralisme qui broie les hommes. Il s'agit plutôt d'une confrontation délicate entre un homme, Jacques, qui revendique sa liberté et un groupe d'hommes, le monde ouvrier. Par la séduction, Jacques leur laisse entrevoir un ailleurs. Plutôt que d'être résignés, ils peuvent être autre chose, retrouver leurs corps pour une nouvelle existence, le libérer des contraintes imposées par le travail. C'est tout l'enjeu de ce film. Il est politique.

Alain Guiraudie



Issu d’une famille d’agriculteurs, il se passionne pour la culture populaire et le militantisme. Il réalise en 1990 son premier court métrage, Les Héros sont immortels, et en 2001 ses premiers moyens métrages, Du soleil pour les gueux et Ce vieux rêve qui bouge (Prix Jean Vigo). Il passe au long métrage en 2003 avec Pas de repos pour les braves, suivi de Voici venu le temps (2005). Son dernier film, Le Roi de l’évasion, a été présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2009. Autant de fragments pour une utopie politique et sexuelle, avec comme terrain d'expérimentation un Sud-Ouest auquel Alain Guiraudie est viscéralement attaché.

Willy Durand
France, 2000
50 mn

Réalisation et scénario : Alain Guiraudie
Photographie : Emmanuel Soyer
Musique : Hector Berlioz
Interprètes : Pierre Louis-Calixte, Jean-Marie Combelles, Jean Ségani, Yves Dinse, Serge Ribes, Jean-Claude Montheil, Rui Fernandes
Distribution : Shellac

Alain Guiraudie - cineclubdecaen.com
Alain Guiraudie : dialogue avec Philippe Raulet (2001) - grec-info.com
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