Le Plein de super




Vendeur de voitures à Lille, Klouk est contraint par son patron de convoyer une voiture américaine dans le sud de la France alors qu'il avait prévu de partir en week-end avec sa femme. Il propose alors à son copain Philippe de l'accompagner. Sur la route, ils prennent Charles en auto-stop. A Paris, Charles retrouve son ami Daniel, en plein désespoir, qu'il impose aux autres pour le distraire de ses idées noires. Après quelques tentatives visant à se débarrasser des importuns, tout ce petit monde finit par s'entendre, s'accepter et se lier d'amitié pour le meilleur et pour le pire...

Au premier abord, Le Plein de super est un road-movie qui met en scène quatre personnages embarqués dans un break pour un voyage rythmé par des moments chaleureux d'insouciance, des farces, de la liberté. Mais derrière chaque personnage se cache un désespoir profond, une insatisfaction générale que l'occasion d'être ensemble tente de masquer voire de rejeter. Hélas ce n'est pas si simple ! Ce très beau film d'Alain Cavalier (qui à cette époque est très éprouvé par la disparition de sa femme, sujet principal de son tout dernier film, Irène), a été tourné au milieu des années 70. Son scénario a été écrit avec les acteurs principaux, ce qui explique la belle complicité qui règne entre eux dans le film. Il est une occasion de dire que le seul moyen de s'en sortir relève de la solidarité et est donc porteur d'un message qui se veut politique.

Alain Cavalier



Diplômé de l'IDHEC, il est assistant de Louis Malle (Ascenseur pour l'échafaud, Les Amants) puis d'Édouard Molinaro en 1958. La même année, il réalise son premier court métrage Un Américain. Dans ses deux premiers films, Le Combat dans l'île (1961) et L'Insoumis (1964), il s'inspire de la guerre d'Algérie. L'échec commercial le conduit à réaliser Mise à sac (1967) et La Chamade (1968). Après une longue absence, il revient avec Le Plein de super (1975) et Ce répondeur ne prend pas de messages (1978). Il renoue avec le succès en 1977 avec Martin et Léa. Et surtout en 1986 avec Thérèse. En 1993 il réalise le magnifique Libera me. Puis il s'empare ensuite de caméras plus légères pour réaliser des films plus intimistes comme Le Filmeur (2005) et enfin Irène (2009).

Willy Durand
France, 1975
1h40

Réalisation : Alain Cavalier
Scénario : Patrick Bouchitey, Alain Cavalier, Étienne Chicot, Bernard Crombey, Xavier Saint-Macary
Photographie : Jean-François Robin
Musique : Étienne Chicot
Interprètes : Patrick Bouchitey, Nathalie Baye, Étienne Chicot, Bernard Crombey, Xavier Saint-Macary, Pierre Maintigneux, Michel Mitrani
Distribution : Gaumont
Alain Cavalier - cineclubdecaen.com
Bande-annonce
Critique - arte.tv

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