Irène




Comment se souvenir d'Irène ? Celle que l'on a aimée il y a très longtemps et qui a disparu brutalement dans un accident de voiture. Celle dont il reste des traces, notamment dans ce journal de 1971 mais que l'on cherche aussi ici et aujourd'hui. Que signifie se souvenir, faut-il oublier et comment en faire un film ? Quelques interrogations parmi tant d'autres qui semblent animer Alain Cavalier dans Irène.

Le réalisateur prolonge une démarche entamée depuis plusieurs années avec des films comme La Rencontre et Le Filmeur et qui relève du journal et de l'autobiographie. Il filme des objets qu'il se réapproprie pour les faire correspondre à ses pensées, il les organise pour retrouver physiquement le corps d'Irène, le réinscrire dans la vie d'aujourd'hui, réanimer son absence. Ce sont des moments simples et beaux. Ces objets deviennent des images, des plans, de véritables tableaux se succèdent à l'écran liés les uns aux autres par le réalisateur qui se filme mais aussi par sa voix, timide mais sûre, qui nous dit le film en cours, l'écriture cinématographique, l'autobiographie, un autre journal que le spectateur imagine. Mais au fond tout cela nous ramène à Irène, à sa vie et à sa personnalité, aux relations qui l'unissaient à Alain Cavalier. Que sait-on de l'autre ? Rien ne sera jamais susceptible d'épuiser cette matière qui conservera, quoi qu'on fasse, ses mystères. Ceux-là même qui permettent des œuvres poétiques comme celles d'Alain Cavalier qui sont essentielles.

Alain Cavalier



Diplômé de l'IDHEC, il est assistant de Louis Malle (Ascenseur pour l'échafaud, Les Amants) puis d'Édouard Molinaro en 1958. La même année, il réalise son premier court métrage Un Américain. Dans ses deux premiers films, Le Combat dans l'île (1961) et L'Insoumis (1964), il s'inspire de la guerre d'Algérie. L'échec commercial le conduit à réaliser Mise à sac (1967) et La Chamade (1968). Après une longue absence, il revient avec Le Plein de super (1975) et Ce répondeur ne prend pas de messages (1978). Il renoue avec le succès en 1977 avec Martin et Léa. Et surtout en 1986 avec Thérèse. En 1993 il réalise le magnifique Libera me. Puis il s'empare ensuite de caméras plus légères pour réaliser des films plus intimistes comme Le Filmeur (2005) et enfin Irène (2009).

Willy Durand
France, 2008
1h25

Réalisation : Alain Cavalier
Scénario : Alain Cavalier, Françoise Widhoff
Distribution : Pyramide

Alain Cavalier - cineclubdecaen.com
Critique - cineclubdecaen.com
Critique - lemonde.fr
Critique - lesinrocks.com
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