La Sentinelle




Mathias Barillet, étudiant en médecine légale, fils de diplomate, rentre d’Allemagne. Dans le train qui le conduit à Paris, il subit un contrôle douanier. La fouille est infructueuse, mais le lendemain, Mathias découvre dans ses malles, déjà passablement décomposée, la tête sans corps d’un être humain. Le choc passé, il ne se résout pas à remettre cet encombrant bagage à la police. Au contraire, une sorte de fascination pour son fardeau macabre s’empare de lui et l’entraîne dans une investigation solitaire.

« Frappe au premier abord la conception du récit. On pose une situation et, ce qui est normal, on y immisce des personnages. Sauf que ceux-ci semblent ne pas être pris dedans et contraints de l’affronter directement, mais à côté d’elle.… Mais n’est-ce pas la donnée même que propose le début de La Sentinelle ? La partition de l’Europe en deux, concoctée par Staline et Churchill en 1945, a forcé des millions d’êtres humains à vivre des situations qu’ils n’avaient pas choisies et ne pouvaient dominer. » (Jean Douchet)

Le film d’Arnaud Desplechin est le portrait surprenant d’un groupe, voire d’une génération, égarés dans un monde qui vient tout juste de sortir de la guerre froide et qui s’endort dans l’oubli. Mathias (Emmanuel Salinger) est la sentinelle, celui qui apprivoise sa terreur intime et s’approche des morts, qui met en jeu sa propre vie pour sauver la tête d’un autre, ou plutôt la mémoire dont cette tête est l’emblème.

Arnaud Desplechin



Après l'IDHEC qu'il intègre en 1983, Arnaud Desplechin travaille dans un premier temps comme chef-opérateur aux côtés des réalisateurs Patrick Grandperret et Éric Rochant. Parallèlement, il tourne ses propres courts métrages parmi lesquels Le Polichinelle et la machine à coder (1984). En 1987, il est directeur de la photographie du film de Nico Papatakis, Photographia, I. Il réalise son premier long métrage en 1991, La Vie des morts et est aussitôt classé comme un des représentants de la nouvelle génération de cinéastes français. Viennent ensuite La Sentinelle (1992). Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) (1994), Esther Khan (1998), Léo en jouant « Dans la compagnie des hommes » (2002), Rois & reines (2003), L'Aimée (2006) et Un conte de Noël (2007).

Antoine Glémain
France, 1992
2h25

Réalisation : Arnaud Desplechin
Scénario : Arnaud Desplechin, Pascale Ferran, Noémie Lvovsky, Emmanuel Salinger
Photographie : Caroline Champetier, Olivier Chambon, Julien Hirsch, Arthur Le Caisne
Musique : Marc Olivier Sommer
Interprètes : Emmanuel Salinger, Thibault de Montalembert, Jean-Louis Richard, Marianne Dénicourt, Valérie Dréville, Bruno Todeschini, Jean-Luc Boutté
Distribution : Why Not Productions
Arnaud Desplechin - cadrage.net (2006)
Arnaud Desplechin - cineclubdecaen.com
Critique - cineclubdecaen.com
Critique - marcautret.free.fr
Dossier pédagogique (teledoc) - cndp.fr
Entretien (vidéo, 3 min., 1992) - ina.fr

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