Cléo de 5 à 7




Il est cinq heures le 21 Juin 1961. Cléo, jeune chanteuse déjà connue, est anxieuse car à sept heures elle saura si elle a ou pas un cancer. Son existence joyeuse et confortable se trouve complètement bouleversée par cette attente et la perspective de cette très mauvaise nouvelle. En attendant plus rien ne l'intéresse véritablement jusqu'au moment où elle fait la connaissance d'un jeune militaire tout aussi désemparé qu'elle...

Bien que le sujet principal de ce film soit grave, Agnès Varda nous propose une balade dans Paris d'une grande légèreté. Cette balade nous la faisons aux côtés de Cléo (merveilleusement interprétée par l'actrice Corinne Marchand qu'on aurait aimé voir plus souvent au cinéma) qui, quels que soient les résultats de ses analyses, ne voit plus le monde qui l'entoure de la même manière. Quoi qu'il arrive, elle est dorénavant marquée par cette expérience et elle passe à un niveau supérieur de conscience du monde : tous les faits et gestes de la vie quotidienne n'ont plus le même sens quand on sait que peut-être on va mourir. Cette situation prend un tour d'autant plus fort et poétique lorsque Cléo rencontre son alter ego, un jeune militaire qui ne veut plus retourner faire la guerre en Algérie et qui lui aussi peut mourir du jour au lendemain. Cléo de 5 à 7 est une œuvre poétique et marquante du cinéma français.

Agnès Varda



Agnès Varda étudie à l'École du Louvre et à la faculté de lettres de Paris. Pendant 10 ans elle est photographe attachée au T.N.P. En 1954, elle se lance dans le cinéma sans aucune formation, avec un long métrage déjà annonciateur de la Nouvelle Vague : La Pointe courte. Elle invente la « cinécriture » : c'est de l'image que doit naître l'histoire et non l'inverse. Elle réalise alors Cléo de 5 à 7 (1961), Le Bonheur (1964), Les Créatures (1965), Loin du Vietnam (1967), Daguerréotypes (1975), L'Une chante, l'autre pas (1976). Le film qui la consacre demeure Sans toit ni loi (1985). On lui doit aussi un hommage rendu à son époux disparu, Jacquot de Nantes (1990), puis Les Cent et une nuits (1994), Les Glaneurs et la glaneuse (1999) et Les Plages d'Agnès (2008).

Willy Durand
France, 1961
1h30

Réalisation et scénario : Agnès Varda
Photographie : Jean Rabier
Musique : Michel Legrand
Interprètes : Corinne Marchand, Antoine Bourseiller, Dorothée Blank, Michel Legrand, Dominique Davray, Loye Payen, José Luis de Vilallonga, Anna Karina
Distribution : Ciné Tamaris
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