Les Terres de l'ogre
(No hay Tierra sin dueno)




Portrait d'un monstre. Don Calixto est un cacique, qui aime à régner totalement sur les choses et les gens. Il est aussi prompt à écraser les hommes sur leur terre que les femmes sous son désir. Il exerce son pouvoir en dehors de toute morale et au-dessus de toutes les lois...

La longue aventure de son élaboration fait du film de Sami Kafati un objet étrange, décalé par rapport aux productions actuelles du cinéma en Amérique latine. Avec son extrème pauvreté de moyens, sa dénonciation militante de rapports sociaux que l'on aimerait croire révolus, son esthétique marquée par le cinéma novo brésilien des années 1960, le film est certainement un héritage du passé. Mais il n'est pas, pour autant, dépassé. Pas seulement parce que le personnage de Don Calixto est aussi inoubliable, intemporel que le policier Quinlan dans La Soif du mal, d'Orson Welles, "Le Bouc" trujillo dans le roman de Vargas Llosa, voire les grands criminels de Shakespeare. Mais aussi parce qu'il exprime, à sa manière, l'exigence d'un style cinématographique qui ne soit pas l'imitation serviles de modèles hollywoodiens ou européens - exigence qui vaut toujours, quoi qu'on en dise, pour les jeunes cinéastes d'aujourd'hu

Antoine Glémain
Honduras, 2003
1h47

Réalisation et scénario : Sami Kafati
Photographie : Acacia de Almeda
Interprètes : José Luis Lopez, Saul Toro, Daniel Vasquez, Marisela Bustillo, Eduardo Bähr
Production : Carmen Brilo

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